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Les voeux du Premier ministre se sont-ils réalisés ?
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Les voeux du Premier ministre se sont-ils réalisés ?
L?année du renouveau, avait promis le Premier ministre dans son message du Nouvel An, le 1er janvier dernier. Navin Ramgoolam a-t-il tenu parole ? A bien des égards, oui. Le pays sera comme «un chantier», avait-il promis. «Vous souvenez-vous que Gaëtan Duval avait dit que les maçons allaient avoir tellement de travail qu?ils auraient besoin de Solange pour qu?elle leur apporte leur agenda ? Je suis convaincu que c?est ce qui va se passer l?année prochaine», avait dit le Premier ministre à l?express en décembre dernier.
Navin Ramgoolam n?avait pas tort : les emplois ont été créés, sont disponibles. Seul hic : paradoxalement, le chômage perdure même s?il a enregistré un recul. Mais cela aussi, le PM l?avait prévu, appelant cela «un problème de mentalité». Dans son discours, Navin Ramgoolam avait proféré une menace à peine voilée, expliquant recevoir beaucoup de demandes d?entreprises désirant importer leur main-d??uvre. Et force est de constater que cela s?est avéré : les promoteurs d?Integrated Resorts Schemes (IRS) ont eu des difficultés à trouver des entrepreneurs de bâtiments locaux, notamment dans le cas des Villas Valriche. La faute au manque de main-d??uvre. Le contrat est allé à un entrepreneur chinois qui a demandé et obtenu 400 permis de travail pour ses maçons, tous venus de Chine.
La réforme de l?industrie sucrière est un autre sujet qui a dominé l?année 2007. Le PM n?y a pas fait référence lors de son message de fin d?année. Il semble que ce n?était pas prévu que Ramgoolam décide de s?occuper lui-même de ce dossier.
Le Premier ministre avait longuement abordé l?épineux problème de la hausse des prix le 1er janvier 2007. «Je sais que vous comprenez que le gouvernement n?a pas de choix», avait-il dit, tout en expliquant que c?était un peu les effets de «la transition économique». Mais il avait précisé que ce «cap de transition» n?allait pas durer longtemps puisque 2007 allait être «l?année du renouveau». Et à bien des égards, elle l?a été. Notamment sur le plan économique, même si le «early harvest» n?a pas nécessairement été ressenti par tous les Mauriciens. La création d?emplois est bien là, les investissements arrivent mais la vie est toujours chère. Le Mauricien a-t-il récupéré son pouvoir d?achat dégringolant pendant l?année du «renouveau» en 2007 ? Difficile à dire à ce stade même si les témoignages des commerçants en fin d?année selon lesquels leurs chiffres d?affaires de décembre ont été largement supérieurs à ceux des années précédentes laissent de l?espoir?
Navin Ramgoolam avait aussi évoqué «une ouverture plus élargie» du ciel ; c?est chose faite et le nombre de touristes record cette année est preuve, s?il en faut, que la stratégie a été payante.
D?autres paris sont plus complexes et les résultats encore plus complexes. A titre d?exemple, le 1er janvier, le PM déclarait : «Construire une nation n?est pas chose facile. Mais si vous êtes sincère, si vous avez la volonté de construire, si vous croyez que l?avenir est dans l?écoute et le respect de l?autre, alors vous avez la certitude de réussir.» Navin Ramgoolam a-t-il tenu parole à ce sujet ? En 2007, il a beaucoup été question de «nou bann» et d?accusations de racisme, pas toujours fondées. 2007 a surtout été riche en tensions communales ? l?affaire des haut-parleurs, le bail de l?îlot Gabriel, la réforme sucrière ? et Ramgoolam a géré chaque affaire à sa manière. A-t-il réussi à aider à construire une nation ? Trop tôt peut-être pour le dire.
Mais il y a aussi eu des promesses non tenues : les embouteillages par exemple. «Un massacre», disait le PM en parlant de ce problème à l?express en décembre 2006. Un problème qu?il disait être sa «priorité». Ramgoolam avait affirmé alors qu?il irait de l?avant avec le bus way et «plusieurs autres mesures». Jusqu?ici, il y a eu la décision de construire une autoroute reliant Terre-Rouge à Verdun mais rien d?autre. A sa décharge, Ramgoolam a expliqué le retard lors d?une sortie publique il n?y a pas longtemps. Ce serait un problème de fonds qu?il avait partiellement résolu avec le lobbying qu?il a fait auprès du gouvernement chinois lors de son voyage en Chine.
Les voyages, justement, que Ramgoolam appelle «diplomatie économique très agressive», il en expliquait l?importance dans son message. 2007 a donc aussi été une année de voyages puisque Ramgoolam croit dans l?efficacité de ce type de diplomatie.
Si l?on peut reprocher une chose au Premier ministre, c?est le temps qu?il a mis à prendre une décision, à décanter une situation. Ce problème, cette procrastination, s?est fait sentir en 2006 et encore une fois en 2007. C?est peut-être là sa stratégie mais le Premier ministre ? qui n?avait bien évidemment pas abordé le sujet dans son discours, avait répondu à nos questions sur le sujet lors d?un entretien : «D?abord je ne pense pas que les meilleures décisions sont prises dans la précipitation parce qu?avant de prendre une décision, il est important d?avoir les données. Mais quand il faut prendre des décisions rapides, je les prends.»
Anecdote intéressante : dans son entretien à l?express en décembre 2006, le Premier ministre avait dit que sa faiblesse était le peu de confiance qu?il fait aux gens. A la question de savoir pourquoi, il a répondu le plus simplement du monde : «Il y a trop de magouilleurs»?
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