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Les risques alimentaires
DÉBATS ENFLAMMÉS avant-hier au Parlement lors des débats sur le Genetically Modified Organisms Bill... Les risques alimentaires que comportent les Organismes génétiquement modifiés (OGM) sont peu connus car ils n?ont été que très peu étudiés. C?est donc le principe de précaution qui doit s?imposer.
Les allergies alimentaires sont provoquées par les protéines, qui sont le produit d?expression des gènes. Introduire de nouveaux gènes dans un organisme, donc de nouvelles protéines, va accroître les risques d?allergies. Les risques sont aggravés du fait de l?adjonction des gènes en provenance d?organismes n?entrant pas dans la consommation alimentaire usuelle. Si l?exemple de l?introduction d?un gène de banane dans une tomate, pris souvent en exemple par les défenseurs des OGM, semble présenter des risques limites, il n?en est pas de même si le gène provient d?un scorpion ou d?une pétunia.
Les tests en laboratoire sont peu fiables simplement parce qu?on ne connaît pas de consommateurs allergiques au scorpion ou au pétunia. Le public servira donc de cobaye malgré les risques encourus. Chaque jour on découvre de nouvelles allergies à de nouveaux produits. On sait relativement peu de choses sur ces allergies, les causes et les circonstances de leur apparition. Dans cette optique, il serait prudent de ne pas en augmenter inutilement les risques.
Parmi les gènes introduits dans le maïs transgénique de Novartis, autorisé a la culture en France, se trouve un gène de résistance à un antibiotique commun, l?ampicilline. Ce gène est un marqueur, c?est-à-dire qu?il permet d?identifier les plantes ayant intégré les gènes d?intérêt. Ce gène n?a ensuite aucune fonction, mais Novartis n?a pas jugé utile de l?extraire des plantes transgéniques.
Les études de l?Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les antibiotiques montrent qu?ils sont de moins en moins efficaces, les bactéries soumises devenant insensibles au bout d?un temps. De nombreux scientifiques craignent que la dissémination de gènes de résistance aux antibiotiques, à partir de plantes génétiquement manipulées, n?accélère ce processus entraînant l?apparition de bactéries pathogènes contre lesquelles les antibiotiques seraient impuissants. Les antibiotiques sont les seules armes efficaces que nous possédons, que la recherche peine à trouver de nouvelles molécules efficaces et que les maladies hospitalières liées aux résistances aux antibiotiques tuent 10 000 personnes par an.
Les dangers représentés par les OGM doivent s?apprécier en tenant compte du caractère très récent des développements de la transgénèse. La nature a mis plusieurs milliards d?années à construire ce que des hommes sont prêtes à contrarier en quelques années. Malgré l?imperfection des connaissances en génie moléculaire et l?impact potentiel des disséminations de ces plantes manipulées, dans aucune autre discipline les applications commerciales ne suivent d?aussi près les découvertes scientifiques, qui deviennent le baromètre de la santé des multinationales à la bourse.
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