Publicité

Les premiers jours de la Commission de l?O.-Indien

7 janvier 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les avis officiels divergent quelque peu au sujet de la véritable date de naissance de la Commission de l?océan Indien. Cette divergence apparaît même parfois sur des documents officiels, que nous aurions tort de considérer toujours comme infaillibles. Il semblerait en tout cas que les dirigeants régionalistes, siégeant à la rue Guy-Forget, Quatre-Bornes, aient choisi de faire l?impasse sur la célébration du 25e anniversaire de l?ouverture, le 20 décembre 1982, de la 1re conférence des ministres des Affaires étrangères des trois pays fondateurs de la COI, à savoir Madagascar, les Seychelles et Maurice. Ce jour-là, à onze heures précises, est, en effet, portée sur les fonts baptismaux, en l?Hôtel du Gouvernement, notre Commission de l?océan Indien. Le célébrant-président en est Harish Boodhoo, vice-Premier ministre, toujours très coopératif car suppléant à l?absence d?Anerood Jugnauth, en voyage en Zambie. Les parrains sont le Malgache Christian Rémi Richard, le Seychellois Maxime Ferrari et le Mauricien Jean Claude de l?Estrac, tous ministres des Affaires étrangères de leur pays respectif. Parmi l?assistance, des invités de marque : James Alan, Robert Gordon, Prem Singh, Henri Bernard, Al Jaddy, Désiré Rahoray, tous ambassadeurs et diplomates accrédités à Maurice et soutenant activement une partie du gouvernement en place.

Jean Claude de l?Estrac situe la barre à la hauteur voulue : « La communauté des Mascareignes doit devenir un modèle de coopération Sud-Sud et s?ouvrir aux autres îles de la région ». Richard et Ferrari, curieusement, opinent. Le Malgache Richard souhaite le départ d?une véritable coopération insulaire, une coopération fructueuse mais aussi inéluctable car Madagascar, les Seychelles et Maurice font partie de la même zone et partagent les mêmes affinités politiques. « Hum ! Hum ! , glousse l?assistance. Ferrari se sent at home chez ses cousins et autres dalons mauriciens. Il sait que les relations seychelloises-mauriciennes n?ont pas toujours été particulièrement cordiales, depuis le 5 juin 1977, veille d?une tentative anjouanaise de coup d?Etat visant à renverser le président Ali Soilih, aux Comores. Le 11 juin 1982 est venu effacer ces mauvais souvenirs,» ajoute-t-il.

Harish Boodhoo salue, dans la création de la COI, « un acte de foi dans la coopération régionale ». C?est le symbole d?une fraternité insulaire et indocéanique sans précédent. Il salue la nouvelle interdépendance à venir.

Précision de taille de Jean Claude de l?Estrac : la COI ne sera pas une organisation politique. Elle respectera la spécificité des régimes en place dans ses pays-membres. Ce n?est certes pas le moment de faire les difficiles. Philosophe, il constate : L?histoire de nos îles est celle de rendez-vous manqués. La COI sera ? mais vraiment si elle le veut (N.B. ce qui n?est pas encore le cas) ? la revanche sur cette histoire de rendez-vous manqués. L?avenir appartient aux pays de la mer. «Ensemble nous formerons une puissance maritime considérable». (N.B. un quart de siècle après et on commence tout juste à parler de sea-food, d?aquaculture, de ferme marine d?élevage pour ne rien dire des barachois inutilisés depuis l?Indépendance). Le PNUD et l?Europe promettent leur aide. Financière s?entend. L?OUA donne son consentement. On se prend même à rêver d?un marché commun indocéanique. Défense à quiconque de dire : Arrête rêver camarade !

Kader Bhayat dirige une délégation mauricienne, composée de Roby Honoré, de Joseph Tsang Mang Kin, de Manu Bheenick, de Régis Yat Sin, de S. Seebaluck, de Jacques Rosalie et de Sathiamurthee Sunassee.

Il n?y a pas comme l?examen attentif d?un acte de naissance pour se rendre compte des milles promesses non réalisées de toute une existence. Pour la COI, il s?agissait de rien de moins que de «briser le cercle du développement séparé et concurrentiel». Mais quoi penser d?une organisation ne tenant guère à célébrer son premier quart de siècle d?existence ? Il y a de quoi rester coi !

Publicité