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Les noirs dessous d’une semaine politique trompeuse
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Les noirs dessous d’une semaine politique trompeuse
Le calme post-budgétaire est trop beau pour être vrai. Il y a doute sur la réalité de l’anti-climax. Ne s’agit-il pas plutôt d’un calme artificiel favorisant les négociations secrètes. On devine des activités assez fébriles pour que, en haut lieu, on s’interroge sur le degré de loyauté de certains hauts fonctionnaires dirigeant des départements stratégiques, notamment au niveau de la défense et de la sécurité.
La course à la succession du Premier ministre est plus que jamais relancée. On craint même que Ramgoolam ne puisse pas indéfiniment conserver le contrôle d’une agitation sentant, ô combien, la fin d’un régime à la fois vénéré et contesté. On le devine dépassé. Son prestige s’érode de jour en jour.
Les Boolellistes ne peuvent faire abstraction que, en cas d’approbation parlementaire d’une motion d’inconfiance, le Réduit devra demander à Sir Satcam Boolell, d’essayer de former un autre gouvernement, après avoir rallié une nouvelle majorité parlementaire ou consolider l’ancienne, notamment en accordant aux contestataires travaillistes les concessions réclamées mais refusées à ce jour. Ils utilisent à leur profit, à cet effet, une réunion d’agents travaillistes, convoquée par l’ancien ministre Daby. Ringadoo, Walter et Jagatsingh préparent en conséquence leur contre-offensive. Daby compte se défendre des accusations retenues contre lui, notamment en révélant certains faits pour le moins troublants. Il cite, à cet effet, un mystérieux recrutement, au Jardin des Pamplemousses, un département sous la tutelle de Satcam Boolell. On invoque alors les raisons “humanitaires” à l’origine de ce recrutement imprévu. Ringadoo déclare alors qu’il faut cesser avec ces recrutements hors normes, pouvant donner prétexte à des accusations de clientélisme électoral. Il fait plus particulièrement référence aux pratiques ayant cours au ministère de l’Agriculture. Il dénonce certains gaspillages et fait une comparaison peu flatteuse avec la situation prévalant au sein de la DWC. Il est aussi question d’un projet de transfert à la DWC de 500 travailleurs affectés à la Tea Development Authority.
Allusion est faite aux salaires d’un cadre d’Air Mauritius. Seewoosagur Ramgoolam tente la parade habituelle selon laquelle Air Mauritius ne peut mettre en cause le gouvernement. Il s’attire la réponse cinglante de Ringadoo : “Air Mauritius is government !”
La réunion prend fin prématurément dans la confusion la plus grande.
On s’agite beaucoup au sujet de la composition d’une délégation ministérielle devant se rendre à Lusaka. Doivent en faire partie : Ramgoolam, Ringadoo et Robin Ghurburrun. Le gouvernement serait alors confié temporairement à Boolell. Cela pose problème à certains.
On se perd, enfin, en conjoncture au sujet de la présence à Maurice d’une vingtaine d’Irakiens, d’un éventuel axe Paris–Tel Aviv–Pretoria via Port-Louis, de ce que fera le MMM en cas de crise gouvernementale, du rôle exact des sans-papiers indiens, ceux qui ont été interceptés mais aussi ceux qui ne l’auraient pas été.
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