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Les mots-clés de Ramgoolam

15 octobre 2005, 20:00

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Réunissant la presse, hier, pour faire le bilan des 100 premiers jours, Navin Ramgoolam a voulu donner l?image d?un vrai capitaine à la tête d?une équipe sérieuse et sereine. Premier point exploité : le PM est un homme de parole et faire ce bilan, c?est respecter la parole de « changer la vie des Mauriciens en 100 jours ».

Qu?est-ce qui a déjà changé ? Il explique que sous l?ancien gouvernement, « la majorité des Mauriciens » avait été tenue à l?écart des fruits du développement. Et de citer ce constat figurant dans la préface du programme électoral de l?Alliance sociale : « Notre société est en crise : elle a perdu ses repères, elle est fragmentée, elle a peur. » Navin Ramgoolam affirme avoir reconstruit l?unité nationale et redonné l?espoir aux Mauriciens.

Mesure phare : le transport gratuit. Plus de 270 000 personnes sont concernées, assure-t-il. Vient ensuite le rétablissement de la pension universelle qui a « redonné leur dignité aux aînés ». Autre mesure : la baisse des prix des articles de première nécessité, en faveur des « ti-dimunn et ceux de la classe moyenne ». Et le PM de citer le lait en poudre, le lait pour bébé et autres. Le tout, affirmé calmement. La priorité du gouvernement reste le bien-être de tous, répète-t-il.

Son gouvernement n?est pas comme le précédent, accusé d?être resté « dans une tour d?ivoire, coupé des réalités ». L?important, c?est le ti-dimunn. Et de citer d?autres mesures prises pour le soulager : facilités pour le paiement des factures d?eau, d?électricité et des eaux usées.

La lutte contre le gaspillage a été un cheval de bataille et, dit-il avec conviction, a déjà été traduite dans les faits : réduction du nombre de ministres, de PPS et de conseillers, diminution des salaires des nouveaux directeurs de certains organismes parapublics (MBC?) et de la cylindrée des véhicules. « Nous économiserons ainsi des milliards que nous pourrons utiliser pour financer nos projets sociaux. »

Une économie florissante et un taux de croissance soutenu : deux des objectifs qu?il ne juge pas contraire pour un gouvernement pro-ti dimunn. La preuve : la relance de l?économie est possible et son équipe a déjà pris les premières mesures nécessaires pour que les trois défis prioritaires puissent être relevés ? sucre, textile et tourisme.

Une équipe soudée

Première « vraie » attaque contre l?ancien gouvernement : Navin Ramgoolam accuse son prédécesseur d?avoir caché la vérité sur la mauvaise santé de l?économie. On le sent légèrement ennuyé? Et de revenir tout de suite aux mesures déjà prises pour la relancer : aide aux PME, accentuation d?une « véritable diplomatie économique » et lobbying auprès de « pays amis ». Les ministres Madan Dulloo, Arvin Boolell et Rama Sithanen sont nommément cités et leur « excellent travail » souligné.

Le tourisme est un axe important de la reconquête économique du PM. Il cite les mesures prises pour doper l?industrie : ouverture du ciel, budget de promotion de la MTPA plus conséquent?

Les problèmes à venir sont identifiés (hausse du prix du pétrole, fin de l?Agoa et du Protocole sucre) et des remèdes proposés. Surtout, le capitaine veut que tous retroussent leurs manches : « Face à ce constat d?échec de l?ancien gouvernement, la résignation n?est pas de mise. » Message sous-jacent de cet exercice de communication : Navin Ramgoolam veut montrer qu?il est à la tête d?une équipe soudée, sereine et bosseuse.

Cette image se conforte lorsqu?il répond aux questions de la presse : ne laissant jamais transparaître la moindre trace d?être pris off gard, il aborde la question de lev pake, ale en la situant dans son contexte et en affirmant que le problème ne vient pas de son gouvernement. Il égratigne les médias, avançant que la dissolution de l?alliance de l?opposition suscite moins d?attention que les nominations à la tête de certains organismes.

À la fin, Navin Ramgoolam n?a pu cacher un sourire : il a réussi son face-à-face et le message est passé.

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