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Les jeunes les plus prometteurs formés sur le circuit

17 juin 2007, 00:00

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Sous le feu des projecteurs lors des 24 Heures du Mans automobiles, l?enceinte du circuit Bugatti accueille toute l?année les jeunes pilotes les plus prometteurs en formation à l?Auto Sport Academy, une école qui rêve de devenir le centre international de référence.

Au Mans depuis 1995, l?ancienne filière Elf qui servait de pôle Espoir à la fédération française est devenue l?Auto Sport Academy et a décidé en 2006 de se lancer dans une ambitieuse politique.

« Il n?y a aucune formule analogue dans le monde », assure Laurent Sénéchal, son directeur. « Notre spécificité, c?est d?intégrer l?éducation dans un modèle économique privé ou se mêlent, dès 14 ans, les pilotes français du pôle Espoir et d?autres étrangers. »

Cette année, 51 pilotes, dont la moitié en provenance de 11 pays étrangers et trois filles, sont accueillis dans la pouponnière automobile : 24 sur karts et 27 en formule Campus, le premier échelon des monoplaces de course.

En cours le matin avec des horaires aménagés dans un établissement scolaire du Mans, ils redeviennent pilotes l?après-midi et compétiteurs le week-end puisque l?Academy les engage toute l?année dans un championnat fermé par catégorie.

Plus de 20 000 euros

Sur le circuit, les jeunes bénéficient de leur propres locaux et tout est fait pour leur apprendre le métier dans les meilleures conditions. À l?instar des « pros », on leur laisse même des emplacements pour leurs propres sponsors sur leurs combinaisons et casques !

« On les laisse gérer leur carrière, explique M. Sénéchal, et nous on prend en charge les à-côtés, comme l?apprentissage des langues, le marketing, les relations avec les médias? »

Dans la première partie des bâtiments, la salle de sport, dotée d?appareils complexes de mesures de l?effort, côtoie la salle de conférences et des cours théoriques.

À l?extérieur, deux hangars permettent d?assurer la presque totalité de la mécanique, de la fabrication, de l?entretien et de la maintenance des véhicules.

Pendant les cours « pratiques » en piste, des caméras embarquées permettent d?analyser le pilotage et chaque pilote doit fournir un rapport écrit après chaque roulage. « C?est une méthode atypique qui fait ses preuves, justifie le formateur Frédéric Champagnac. Plus on apprend tôt à maîtriser l?analyse, plus cela devient naturel ».

La trentaine de mécanos présente au quotidien est aussi en formation. Idéalement, le cursus comprend une année de kart suivie d?une autre en Campus, pour un coût moitié moins que le prix réel. En kart, il faut quand même débourser plus de 20 000 euros? « Notre objectif est de devenir le point de passage obligé pour les Européens et le centre de formation de référence internationale, annonce le directeur. Plus le championnat Campus sera fort, plus le vainqueur le sera aussi. S?il est Français, tant mieux! »

En 2008, le circuit français organisé par l?école devrait même devenir européen. L?Auto Sport Academy, dont sont déjà issus plus de 90 % des pilotes pro français, s?est aussi associée avec des centres de sélection à Dubaï et au Costa Rica. Et projette de le faire en Europe de l?Est.

« Mon rêve, c?est que tous les pilotes placés dans des filières qui leur permettent d?accéder à la F1 sortent d?ici », s?enthousiasme M. Sénéchal. Les parcours de Sébastien Bourdais et Franck Montagny, anciens élèves, sont là pour rappeler que la réussite n?est pas un hasard.

« Les écuries étaient très critiques au début mais elles ont vite compris qu?on leur faisait gagner du temps en leur fournissant de bons pilotes, se souvient encore M. Champagnac. Alors qu?aujourd?hui, elles n?hésitent plus à faire leur marché à la sortie. »

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