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Les forts potentiels

7 janvier 2006, 20:00

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Les hubs (centres) ont du potentiel. Depuis quelques années, Maurice devient le centre en tout pour la région. On a d?abord voulu être une cyberîle, phare des télécoms et de l?externalisation de la zone. Pour ensuite rêver de devenir un seafood hub (centrale de fruits de mer). Enfin depuis quelque temps, nous cherchons à nous muer en un knowledge hub (centre du savoir). Les plus optimistes reconnaissent les potentiels formidables de ces industries naissantes. Mais les plus réalistes pèsent aussi le nombre important d?obstacles à franchir avant de parler de décollage.

Le seafood hub demeure le parfait exemple de ce potentiel inexploité. Maurice est bien situé, les infrastructures, tant de stockage que de transformation que nous abritons, sont de niveau mondial. Mais le réel démarrage du secteur n?a toujours pas été enregistré. La performance du secteur doit quand même être relativisée, le seafood hub a généré Rs 1,15 milliard d?activités en 2004. On ne part pas non plus de rien.

Mais si un événement doit marquer ce secteur en 2006, cela doit être la reconnaissance mondiale. Car malheureusement, le pays et ses installations demeurent inconnus à beaucoup d?investisseurs. Ce qui amène les autorités à organiser une conférence internationale à Maurice, en mars. L?objectif en est de créer une prise de conscience (awareness) au sujet de notre seafood hub et pallier ce handicap. Des acteurs importants des États-Unis et de la région sont invités à venir constater de visu ce que peut leur proposer le pays. Aux Finances, on estime que ce secteur peut mieux faire avec un marketing approprié.

L?autre hub, celui des Tics, a déchanté en 2005. Passé la période d?euphorie, la réalité des coûts de télécoms (jugés encore trop chers) et du manque de personnel qualifié a vite rattrapé les opérateurs. À fin 2005, le secteur n?employait « que » quelque 3 800 personnes. Entre mai et juin 2005, le nombre d?entreprises dans ce secteur n?a crû que de 6 %. Ce qui amène les autorités de facilitation comme le Board of Investment à réaffirmer la nécessité d?une baisse des tarifs des télécoms à Maurice. Ce développement devrait d?ailleurs intervenir dans les jours prochains.

Mais alors qu?un problème est en passe d?être réglé, l?autre paraît plus que jamais insoluble. Le manque de main-d??uvre qualifiée plombe le développement du secteur. Le gouvernement songe donc sérieusement à assouplir les conditions, jusqu?ici strictes, d?embauche des étrangers dans ce secteur. L?objectif est simple : importer de la main-d??uvre qualifiée dans l?attente de la formation de professionnels mauriciens. Un plan cohérent reprenant les besoins en formation des différents sous-secteurs des Tics est en préparation. Celui-ci devrait permettre à l?Université de Maurice, mais aussi aux centres de formations privés du pays, d?adapter leurs cursus aux besoins du marché.

Pour cela, il faudra déjà que la qualité de la formation tertiaire soit améliorée. Ce qui cadre avec le souhait de faire de Maurice un knowledge hub. Mais dans ce domaine, le flou persiste. Il s?agit de faire de Maurice un centre de formation d?excellence, avec des experts et des institutions de renom international s?implantant sur notre sol et accueillant étudiants et chercheurs de toute la région. Sauf que ces institutions ne montrent pas vraiment le bout de leur nez ! La DCDM Business School apparaît comme la première université privée du pays avec des infrastructures adaptées. Mais jusqu?ici, cette institution fait office d?exception dans le paysage.

Cependant, encore une fois, le gouvernement maintient ses ambitions en espérant enregistrer les premiers engagements fermes d?institutions étrangères signifiant leur intention de s?implanter à Maurice. Quand on sait qu?une « petite » antenne étrangère d?une grande université peut accueillir jusqu?à 300 étudiants, créant au passage 100 emplois directs pour des Mauriciens et des étrangers, on comprend vite la nécessité de réussir dans ce domaine. Le gouvernement promet des développements majeurs avec des institutions indiennes et asiatiques. Il reste à attendre qu?ils surviennent.

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