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Les fables intemporelles de Theresa Wong
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Les fables intemporelles de Theresa Wong
Le President?s Fund for creative writing in english refait parler de lui. Jeudi, il a parrainé la sortie du recueil de nouvelles signées Theresa Wong. Dix-neuf histoires publiées sous le titre évasif de Some short stories according to the times.
L?initiative mérite le respect, mais pourquoi toujours chercher à faire la morale ? Et ne pas se contenter d?être créatif, ce qui est une petite révolution en soi. Dès l?avant-propos, Theresa Wong nous fait part de son intention de ?open the minds of our readers to other cultures and religions and ways of life?. Tout ceci est bel et bon, mais ressemble fort à un discours maintes fois ressassé. Donc sans nouveauté.
Nos craintes se confirment quand un simple coup d??il au sommaire nous livre déjà la clé de la technique utilisée par l?auteur : reprendre à son compte le rêve de Martin Luther King et escalader le Pieter Both. Placée en ouverture, The Pieter Both Legend a des allures de Club des cinq, c?est-à-dire des enfants en vacances à qui il arrive des aventures.
Emerveillement enfantin
Des péripéties à suivre entre les digressions d?un auteur qui aime visiblement entendre le son de sa propre voix, s?étaler, occuper l?espace. A force de vouloir nous indiquer le droit chemin, Theresa Wong finit par perdre le fil. Ce pourquoi elle a été publiée : creative writing.
Faire de longues phrases (que nous sommes obligés de relire pour saisir) ne suffit pas pour s?approprier de l?étiquette de la créativité. Il faut plus que cela. Que l?auteur y mette ses tripes. Dans Some short stories according to the times, c?est le vocabulaire de Theresa Wong que nous voyons et pas ses boyaux. Alors, impitoyablement, sans que nous puissions les en empêcher, nos yeux sautent des paragraphes entiers et évitent les trop longues descriptions.
Pour ne retenir que la faculté de l?auteur à capter l?émerveillement enfantin. Leur innocence et leur sensibilité semblent particulièrement captiver Theresa Wong et elle le leur rend bien. Beaucoup de petites filles ? dont celle qui sommeille en nous ? se reconnaîtront dans Lauriane?s Beauty Boxes. La nouvelliste transcrit avec justesse l?excitation et le sens de l?interdit chez cette enfant laissée un moment sans surveillance.
Rien ne lui échappe de la délectation avec laquelle Lauriane expérimente le rouge à lèvres. ?Holding the lipstick between her thumb and forefinger as a pastel on paper, she drew a strong straight line over her closed mouth. Oups! She exclaimed, as the soft stick of rouge broke in two, falling on the carpet?. Sans plus s?inquiéter, vite, elle enfile les robes de maman et les chaussures de la grande s?ur. Tout un programme. Que Theresa Wong n?a pas raté.
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