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Interview de…
Raphaël Bax : «Maurice possède de véritables atouts, à condition de miser sur la qualité plutôt que sur le volume»
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Raphaël Bax : «Maurice possède de véritables atouts, à condition de miser sur la qualité plutôt que sur le volume»
Raphaël Bax , directeur du Centre de chirurgie de l’océan Indien (CCEOI).
Le rapport 2026 du «Global Wellness Summit» met en avant le concept de «Skin Longevity», axé sur la prévention et la régénération naturelle de la peau. Comment cette évolution influence-t-elle votre approche de la médecine esthétique ?
Nous constatons effectivement une évolution des attentes. Les patients recherchent moins une transformation visible qu’une amélioration progressive et naturelle de la qualité de la peau et du vieillissement. Au CCEOI, nous privilégions une approche préventive, personnalisée et durable. L’objectif est d’obtenir des résultats subtils, cohérents dans le temps, plutôt que des corrections excessives. Cette vision intègre également la qualité de vie, l’hygiène de vie, le suivi médical et la combinaison raisonnée des traitements. La médecine esthétique s’inscrit aujourd’hui dans une démarche globale de bien-être, et non uniquement d’apparence.
Le Budget 2025-2026 positionne officiellement le «Wellness and Medical Tourism» comme un pilier stratégique de l’économie mauricienne. Quel rôle le CCEOI entend-il jouer dans ce développement ?
Maurice possède de véritables atouts, à condition de miser sur la qualité plutôt que sur le volume. Notre patientèle internationale recherche avant tout la sécurité, la discrétion, la stabilité du pays et un accompagnement médical structuré. Le CCEOI contribue à cette ambition grâce à une prise en charge multidisciplinaire, des standards médicaux élevés et un suivi avant comme après l’intervention. Nous sommes convaincus que Maurice peut se distinguer par une médecine personnalisée et humaine, capable d’offrir une expérience de soins aussi qualitative que rassurante.
Le marché de l’esthétique masculine poursuit sa croissance. Constatez-vous cette tendance à Maurice et quelles sont les principales demandes des hommes ?
Oui, très clairement. Nous observons depuis plusieurs années une augmentation progressive de la demande masculine, notamment chez des hommes actifs professionnellement, exposés publiquement ou tout simplement soucieux de préserver une image dynamique. La tendance actuelle est effectivement au discreet maintenance : les hommes souhaitent paraître reposés, plus frais ou plus structurés, sans que cela soit visible ou perçu comme artificiel. Les demandes concernent souvent la qualité de peau, la prévention du vieillissement, la greffe capillaire, certains traitements du regard ou encore des procédures peu invasives avec peu d’éviction sociale. Il y a également une évolution culturelle : la médecine esthétique masculine devient plus assumée et plus normalisée qu’auparavant, y compris dans notre région.
Malgré un contexte économique incertain, le secteur du bien-être continue de progresser. La médecine esthétique estelle devenue un investissement davantage qu’une dépense ?
Nous observons effectivement une évolution dans la perception des patients. Beaucoup considèrent désormais ces soins comme un investissement dans leur bien-être, leur confiance en eux, leur image professionnelle ou leur qualité de vie. Le secteur reste naturellement sensible aux cycles économiques, mais les patients privilégient les établissements offrant sécurité, sérieux et résultats durables. Dans ce contexte, Maurice dispose d’un positionnement intéressant en tant que destination premium, plus discrète et plus humaine que certains grands centres internationaux.
Le rapport du «Global Wellness Summit» souligne également l’importance de la récupération émotionnelle et d’un environnement propice au repos. Cet aspect est-il devenu un avantage pour Maurice ?
Absolument. L’environnement influence directement l’expérience du patient. Maurice bénéficie d’atouts naturels tels que le calme, le climat, l’hospitalité et un sentiment de sécurité qui favorisent une récupération sereine. Au CCEOI, nous intégrons pleinement cette dimension au parcours de soins.
Nous avons notamment développé des solutions d’hébergement à proximité de la clinique afin d’assurer une transition fluide entre l’intervention médicale et la phase de récupération. Notre objectif est d’offrir une expérience globale où le bien-être psychologique accompagne la qualité des soins.
Face à la concurrence croissante de destinations médicales à bas coût, comment le CCEOI, avec plus de 25 ans d’expérience, contribue-t-il à préserver la crédibilité de Maurice ?
Je pense que la crédibilité d’une destination médicale se construit sur le long terme. Lorsqu’un patient voyage pour un acte médical, il recherche avant tout la confiance, la sécurité et la stabilité. Cela passe par des équipes expérimentées, des protocoles clairs, une continuité de suivi et une approche éthique de la médecine. Depuis plus de 25 ans, leCCEOI s’est développé avec cette vision : privilégier les standards, la qualité de prise en charge et la prudence médicale plutôt qu’une logique de volume ou de promesses excessives. Nous croyons sincèrement que l’avenir du tourisme médical mauricien dépendra de cette capacité à maintenir un haut niveau d’exigence.
Maurice ne doit pas chercher à devenir la destination la moins chère, mais une destination reconnue pour la qualité de son accompagnement, son sérieux médical et l’expérience globale proposée aux patients.
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