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Les désaccords s?envolent sur l?accès aérien
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Les désaccords s?envolent sur l?accès aérien
IL SUFFIT souvent de se parler pour régler ses différends. Cela a en tout cas marché pour Air Mauritius. Résultat : les hôteliers ne parlent plus d?ouverture du ciel à d?autres transporteurs européens. L?Etat décide d?y aller plus prudemment dans ses négociations avec la France en vue d?autoriser un nouvel opérateur. La rationalisation des opérations sur le marché européen est acceptée.
C?est donc dans une ambiance plutôt consensuelle que le comité de suivi sur l?accès aérien s?est réuni hier. Le Premier ministre, Paul Bérenger, a présidé les travaux. Air Mauritius, le Joint Economic Council (JEC), l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice ainsi que les ministères du Tourisme et des Communications extérieures y étaient représentés au plus haut niveau.
D?ordinaire, le secteur privé ne rate pas une occasion de se plaindre d?Air Mauritius. Cette fois, pourtant, il s?est montré conciliant, un peu à la surprise des autres partenaires.
?Ce qui importe, c?est que la capacité aérienne s?accorde aux besoins de l?industrie. Les transporteurs nous ont démontré qu?ils ont de la capacité?, explique Raj Makoond, directeur du JEC. Les hôteliers sont en discussions avec Air Mauritius. ?Les choses semblent aller dans la bonne direction.?
Ce resserrement des rangs est normal, notamment pour des raisons stratégiques. Mais qu?est-ce qui a mis fin aux récriminations ? ?Une meilleure compréhension de nos actions?, répond Megh Pillay. ?Nous leur avons dévoilé notre stratégie dans les détails. Ils ont compris que nous ne travaillons pas contre eux.?
L?arrêt des vols sur Munich, Vienne et Bruxelles est donc enfin accepté. Non seulement par l?industrie mais aussi par le gouvernement, comme l?indique un communiqué émis hier par le Bureau du Premier ministre.
?Nous avons expliqué aux partenaires que si Air Mauritius doit soutenir le tourisme, elle devra d?abord se consolider. A présent, deux lignes (Angleterre et France) subventionnent huit autres où nous opérons à perte?, explique le directeur général.
De fait, Bruxelles sera prochainement accessible à partir de Paris et Munich de Francfort. Austrian Airline-Lauda Airline prend la relève d?Air Mauritius sur Vienne et l?Europe de l?Est. Cette dernière gardera une priorité de réservation sur les sièges dont le nombre augmente de 175 à 260.
Ardeurs émoussées
L?industrie s?est également fait une raison par rapport à sa demande de plus de capacité sur les principaux marchés. Air Mauritius lui a fait comprendre qu?il existe déjà un surplus que l?industrie n?arrive pas exploiter. Les hôteliers réclamaient une hausse de 20 % sur Paris alors que pas plus tard que l?année dernière, une place sur trois de déjà disponibles n?a pu être vendue sur cette route.
Du coup, les ardeurs de ceux qui réclamaient l?ouverture du ciel à d?autres transporteurs européens se sont émoussées. L?Etat retourne également à ses calculs avant de signer éventuellement avec la France pour laisser entrer un troisième opérateur.
?La capacité existante n?a pas été épuisée. Si malgré tout, la France veut d?un autre opérateur, elle devra partager sa part du marché avec le nouveau venu?, souligne Megh Pillay. Perspective peu reluisante pour Air France. ?Maurice devra faire attention à ne pas sacrifier son intérêt à long terme.?
L?accès aérien sera prochainement l?affaire d?un département spécialisé au ministère des Communications extérieures. L?Air Access Policy Unit est en train d?être constituée. Elle sera présidée par le secrétaire permanent du ministère de tutelle. La préparation d?un plan directeur sur le transport aérien est également en bonne voie. C?est le Netherlands Airport Consultants BV qui s?en occupe. Le plan est attendu dans six mois.
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