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Les défis du social...

7 septembre 2006, 00:00

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Pour lui, l’engagement social c’est une seconde nature. Arrivé depuis seulement quelques mois à Maurice, le docteur ès sciences Jensen Jaganathen n’a pas perdu de temps pour se lancer de nouveaux défis.

En créant le Centre d’Aide par le Travail de Riambel (CAT), avec son ami et collègue le docteur Uvarajen Paratian, il a voulu se consacrer aux plus défavorisés. Grâce à un programme ambitieux appelé PRISME (Programme Régional d’Insertion Sociale, Médicale et Educative), Jensen Jaganathen et les bénévoles offrent un soutien global aux habitants de Riambel. Distribuer des terrains, proposer du travail, donner des cours d’anglais, aider à la culture de différentes plantes…tout cela fait partie du PRISME. Un projet impressionnant pour une association créée il y a seulement huit mois. Mais Jensen Jaganathen n’est pas un novice en la matière.

Ce pharmacologue et chimiste de formation a une solide expérience du travail social. Une expérience acquise “en France, avec mon épouse, où nous avons monté une première association, Home Sweet Home. Cette association, qui existe toujours, a pour but de gérer, financer et construire des orphelinats en Inde”. C’était en 1983 à Strasbourg. En 1990, ils récidivent en créant, à Paris, JPE pour Je parle d’Europe, “afin de dispenser des cours de langues pour tous, dès l’âge de 4 ans”. Car pour Jensen Jaganathen, la notion de multiculturalisme est essentielle. Ce qui se comprend d’autant mieux lorsqu’il nous conte son parcours.

<B>Retour à Maurice</B>

Parti vivre en France avec sa famille à l’âge de 5 ans, ce Mauricien de naissance va y rester pendant plus de quarante-cinq ans. Là-bas, il décroche un doctorat ès sciences en chimie bio-organique et obtient, en 1988, un poste de maître de conférences à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg. Par la suite, il travaille pour une entreprise pharmaceutique puis pour une société spécialisée dans les essais cliniques.

C’est en janvier dernier qu’il décide de retourner à Maurice. A peine le temps de défaire ses valises et de découvrir le pays, que les projets se bousculent dans sa tête. Il veut aider les plus démunis et pour cela s’implique dans quatre associations telles que Duty of care, présidée par M. B. Sreepaul travailleur social dans le Sud, et le CAT dont il est président. En plus de l’aide des bénévoles, Jensen fait appel à des associations comme SMILES (l’express, région sud, du 10 août 2006) pour monter divers projets. C’est d’ailleurs de cette collaboration qu’est né le check-up général des habitants d’African-Town et de Trois-Bras. “Mais tout cela n’aurait jamais pu voir le jour sans l’aide des Mauriciens. Au début du mois d’août, nous avions organisé une food collect au Shoprite de Quatre-Bornes en pensant que nous aurions seulement quelques sacs. Au final, on a collecté tellement de nourriture qu’on a pu remplir 7 caddies. Une telle générosité est très émouvante”, précise Jensen.

Le succès de cette opération n’a fait que l’inciter à poursuivre son engagement. Parmi les multiples projets sociaux et médicaux à l’ordre du jour, on notera celui d’un éco-parc prévu à Riambel dans les mois à venir. “L’idée est d’attirer les touristes et les Mauriciens dans cette région en mettant les habitants à contribution. Ils pourront vendre leurs produits artisanaux et les légumes qu’ils cultivent. Un restaurant de spécialités mauriciennes devrait aussi être créé. Notre but est que les villageois se sentent impliqués dans toutes les activités que le CAT, financé en grande partie par le British American Tobacco, organise”.

Afin de reproduire l’idée du CAT dans d’autres régions de l’île, Jensen a participé à la création d’une ONG appelée AMAH (Agence Mauricienne pour l’Action Humanitaire). Cette agence favorise, d’une part, la mise en place du programme PRISME et obtient, d’autre part, des financements auprès des instances internationales, comme l’Union européenne et d’autres sponsors privés.

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