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Les débuts de l?OPR dans l?île
L?Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) a pris naissance un dimanche en 1976. C?est un Français de Nassola, Jean Paul Tesnière, aujourd?hui défunt, qui créa ce parti politique. Il trouvait que les Rodriquais avaient besoin d?être représentés au parlement national. Trente-deux plus tard, la femme du défunt, Suzette Tesnière, qui vit à La Réunion, se souvient encore de ces moments comme si c?était hier. Elle nous a reçu dans sa modeste demeure à Nassola.
A l?époque, le couple tenait une petite boutique dans la localité. Un jour, c?est Jean Paul, originaire de France, qui mit la puce à l?oreille de quelques rodriguais. Ces derniers étaient parmi le peu de gens qui savaient lire à l?époque. Il leur parla de la création d?un parti politique rodriguais car, en 1976, c?était le PMSD de Sir Gaëtan Duval qui régnait en maître dans l?île. «Le but c?était simplement de faire élire un Rodriguais pour siéger au parlement national afin qu?il défende les intérêts des Rodriguais, rien de plus», raconte Suzette. Parmi, les gens auxquels Jean Paul exposait son idée, il y avait Ford Agathe, feu Garçon Baptiste, Marioline Spéville, Georgy Azie et Elorge Casimir. Qui parmi eux était prêt à représenter l?île au niveau national ? Cette question est posée au sein du petit parti, jusqu?à ce que le nom de Serge Clair, leader actuel de l?OPR, soit cité. Après mûre réflexion, un messager a été dépêché auprès de Serge Clair, qui était prêtre à Cassis. Il accepta l?offre.
Il rentra alors à Rodrigues pour intégrer le parti. Dès son arrivée au sein du parti, les réunions de mobilisation et d?explications auprès de la population rodriguaise s?enchaînent. Les rencontres se faisaient plus souvent les dimanches au centre de Saint-François Thévaux, à Saint-Gabriel.
Persona non grata
Au fil des mois, l?ancien prêtre s?impose au sein du parti. Les choses se passaient bien jusqu?à un fameux dimanche. Ce jour-là, les participants à une réunion rentraient chez eux. Sans crier garde, certains ont eu des mots à l?endroit de Jean Paul Tesnière, des mots que Suzette n?oubliera jamais. «Ils ont dit à Jean Paul, que Rodrigues n?avait pas besoin d?étranger pour aller de l?avant. C?est exactement ce qui a été dit», raconte Suzette. «Ce fut l?explosion. On a pris nos distances du parti», dit-elle.
«Les élections sont arrivées en novembre l?année suivante. Feu France Félicité fut élu ministre de Rodrigues dans le gouvernement de Sir Anerood Jugnauth. Les choses ont empiré pour nous. Mon mari a été considéré comme persona non grata dans l?île. On a vécu quelque temps avec la trouille de représailles politiques. Jean Paul a vérifié auprès de ses autres connaissances, des politiciens, si on pouvait rentrer à la Réunion. On nous a permis de rentrer. On est alors parti», explique Suzette. Les Tesnière ont alors fait une croix sur le passé. Ils montent une petite entreprise touristique à la Réunion. Ils ont baptisé leur établissement Au Baril.
Même de loin, Jean Paul et Suzette ont continué à aider les Rodriguais. Ils hébergeaient les étudiants rodriguais qui étudiaient à la Réunion. Parmi eux, des politiciens. Ils sont notamment Nicolas Vonmally, Alex Nancy, Johnson Roussety et Christian Léopold. Ces derniers ont formé le Mouvement Rodriguais (MR), qui, aujourd?hui a renversé l?OPR, après un règne de 25 années consécutives.
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