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Les déboires d?un propriétaire en situation de copropriété

29 décembre 2006, 00:00

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En 1995, Jan Christlieb, un Allemand, tombe amoureux de Maurice. Et puisqu?il est persévérant, il finira par conquérir l?objet de son amour : la nationalité mauricienne obtenue, il n?y a pas longtemps. Sa naturalisation avait un prix ? l?investissement. Aujourd?hui, Jan Christlieb possède une usine qui emploie 200 Mauriciens pour la fabrication de starters pour des néons. S?il est un homme d?affaires comblé, il en est arrivé à regretter amèrement son choix en matière d?immobilier : l?achat d?un appartement à Richmond Hill, à Grand-Baie.

Assis dans son salon, le regard triste, Jan nous raconte sa mésaventure dans un anglais qui trahit un lourd accent allemand. Les mots pleuvent. En 2002, il se laisse convaincre d?acheter un appartement dans le complexe de Richmond Hill qui est en fait la deuxième phase du complexe Super U, à Grand-Baie. L?infrastructure n?est alors pas encore complétée mais il est satisfait du projet que lui vendent les promoteurs. Mais par-dessus tout, il est emballé à l?idée de devenir enfin propriétaire dans son île adoptive !

Mais quatre ans après, les choses ont tourné au cauchemar. Son appartement de rêve à Richmond Hill est un lieu où il ne fait plus bon vivre. Le générateur tombe en panne régulièrement, le privant d?électricité; il n?est approvisionné en eau que très rarement, l?eau de la piscine de l?immeuble, elle, a tourné au vert ! Et la liste des griefs est encore longue : les corridors et les escaliers sont sales, les vitres brisées, et le soir venu, les animations régulières à Super U l?empêchent de dormir. Et son immeuble ne bénéficie plus d?un service de sécurité. A chaque fois que ces problèmes sont soulevés dans les réunions du syndic, nous raconte Jan, le manager a la même réponse : pas d?argent.

Le problème, note Jan, serait que le syndic ne joue plus son rôle depuis deux ans. La majorité des copropriétaires, désespérés par le laxisme du syndic, dit-il, ne paient plus leurs frais de syndic ? et des 19 propriétaires d?appartements, seuls deux habitent encore Richmond Hill.

Contacté, le manager du syndic de Richmond Hill, Jaygobin Heerah, admet qu?il y a des problèmes mais affirme être nouveau à ce poste. ?Nous sommes en train de régler les problèmes?, assure-t-il.

Tout avait pourtant bien commencé pour Jan. En 1995, le directeur d?alors de la branche du Board of Investment (BOI) à Dusseldorf, Dev Chamroo, lui parle de Maurice et des possibilités d?investissements dans l?île. ?Investir dans le paradis de la lune de miel ?? devait-il répondre dans un éclat de rire. Mais Dev Chamroo finira par convaincre l?homme d?affaires de venir à Maurice pour ?voir?. Il vient effectivement, et repart conquis. ?Je n?imaginais pas que Maurice était une île avec des ambitions et qui voulait réussir?, se remémore-t-il, assis dans son appartement à Richmond Hill.

En 1996, Jan débarque à Maurice. Son entreprise grandit, ses clients sont contents, son bureau de ventes en Allemagne ne pouvait mieux se porter ? son entreprise exporte 50 000 pièces par mois à travers le monde. Elle a 25 compétiteurs mondiaux - 15 en Asie et 10 en Europe - et son plus gros client est la firme Phillips. Et pourtant Jan Christlieb est aujourd?hui un homme malheureux.

En désespoir de cause, Jan se décidera à s?acheter une maison à Calodyne, et cela, malgré qu?il ait payé Rs 5 millions pour son appartement à Richmond Hill.

Réclamation de Rs 6 m

Selon Jan Christlieb, le propriétaire du complexe commercial de Richmond Hill, profitant du fait qu?il a la majorité, prendrait des décisions sans avoir l?accord des différents propriétaires du complexe. Un kiosque aurait été érigé, par exemple, sans la permission du syndic. Un autre kiosque a été transformé en magasin et subséquemment loué. Un bassin a été construit près du parking... Questionné au sujet de ces ?aménagements?, le propriétaire majoritaire aurait affirmé ne pas avoir de comptes à rendre, puisqu?il a la majorité.

Mais le plus perturbant, raconte Jan, c?est que lors de la dernière assemblée générale, le propriétaire majoritaire aurait déclaré aux autres propriétaires qu?ils lui devaient la somme de Rs 6 millions.?En tant que président du conseil du syndic, je lui ai demandé des comptes mais il refuse d?expliquer le détail d?une telle somme?, dit-il.

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