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Les Dalton ou la confrérie du braquage
Voilà un sujet qui n?a pas besoin d?introduction. Sinon pour dire que les aventures de Lucky Luke ont cessé d?être désopilantes à partir du moment où ?l?homme qui tire plus vite que son ombre? a renoncé au tabagisme. Cela, Philippe Haïm, le réalisateur des Dalton l?a bien compris ; les héros de son film sont bel et bien les quatre bandits les plus abrutis de l?Ouest.
Les Dalton ne valent pas grand-chose à eux quatre : vingt dollars exactement, pour leur capture. C?est la raison pour laquelle Ma Dalton (Marthe Villalonga), qui ne veut pas perdre la face devant les mamans de Billy le Kid, Jesse James et des autres, leur interdit de rentrer à la maison tant qu?ils ne seront pas devenus de vrais desperados.
Lucky Luke est interprété par Till Schweiger, un acteur allemand probablement imposé par la production (le film étant franco-hispano-allemand). On devine qu?il a été choisi surtout parce qu?il a le physique du rôle, car il ne dit et ne fait pas grand-chose dans cette histoire. On le voit très peu, comme Jack et William, les deux frères Dalton qu?on remarque le moins dans les albums.
Le film repose principalement sur Joe et Averell, c?est-à-dire le duo Éric et Ramzy, avec de vraies têtes de Dalton, jouant le petit méchant et le grand benêt. À travers des sketches vus à la télévision et dans leurs films précédents, le duo nous avait habitués à un humour fait de surexcitation enfantine, d?absurde et d?incongru, mélange qu?ils laissent un peu de côté ici, afin d?intégrer l?univers de Morris et Gosinny. Cependant, l?humour de la BD avait une façon de parodier le western ?classique? qu?on ne retrouve pas dans ce film, pas plus qu?on ne retrouve ces rapports entre Joe et Averell qui, dans les albums, avaient quelque chose d?ultraviolent.
L?histoire ne tient qu?à un fil, le récit tendant plutôt à avancer d?un sketch à l?autre, plus ou moins réussi, avec des références au western spaghetti, à la BD d?origine et à la ?modernité de l?époque dans laquelle nous vivons.?
Le scénario comporte certaines idées qui ont été carrément ?découpées? de certains albums, ce qui aurait été excusable si cela avait débouché sur de l?inédit. On pourra excuser les décors volontairement criards et les plans qui ne servent à rien. On rit plus ou moins, sans avoir le temps de s?ennuyer réellement parce que le film garde un certain rythme. Mais à la fin, on se dit que, si on a échappé au pire, on n?est pas passé bien loin non plus.
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