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Les belles Anglaises de Cyril Perrier

18 novembre 2005, 20:00

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Il aime les Anglaises. Il les aime en raison de leur robustesse. Ce sont des voitures imposantes, authentiques. Cyril Perrier en parle avec tendresse. Collectionneur invétéré, il sillonne les régions de l?île, à la recherche de ces vieilles dames dans les arrière-cours, pour en prendre soin.

Dans son immense cour, à Tamarin, ses dames anglaises ont fière allure. Sa première voiture, achetée en 1973, une Triumph TR3 de 1959, acquise pour la modique somme de deux mille roupies, en parfait état de marche, a pour voisine une Triumph TR6 de 1969. «C?est la petite s?ur et la grande soeur, » explique-t-il en souriant.

Un peu plus loin, une Jaguar XJ6 datant de 1969, fait de l??il à une Rover 90 de 1955. « Depuis que nous sommes enfants, mes frères et moi, nous sommes des amoureux des classiques. C?est une passion. J?aime la belle mécanique. Aujourd?hui, on ne fabrique plus des voitures aussi massives et aussi solides. C?est l?ère du consommable. Les voitures modernes ont moins de caractère,» souligne-t-il, en pointant du doigt la voiture qu?il roule au quotidien.

Le week-end se prête bien, aux sorties des vieilles dames de Cyril Perrier. « Je fais toujours une petite virée, de Tamarin à Rivière-Noire. Je les sors uniquement pour le plaisir, jamais pour des besoins utilitaires. Je prends plaisir à les conduire, à m?installer confortablement et à écouter tourner ces moteurs qu?on ne fabrique plus,» raconte-t-il, un brin nostalgique. Et dans la foulée, ses souvenirs le renvoient à sa folle jeunesse, à l?époque où il ralliait les quatre coins de l?île, à raison de deux mille miles par mois, au volant de sa Triumph TR3.

<B>Tracasseries</B>

Lorsque sa vieille dame accusait une panne conséquente, dans un coin perdu du pays, ce qui arrivait régulièrement, Cyril Perrier a été contraint d?apprendre les rudiments de la mécanique.

«Avec les amis, on essayait de savoir d?où venait la panne, en tapant sur le capot ou en inspectant le moteur, mais ça ne menait à rien.

Du coup, il a fallu que je m?initie à la mécanique.» Ces voitures que Cyril Perrier bichonne sans cesse, sont pourtant sujettes à tracasserie, lorsqu?il faut par exemple changer une pièce défectueuse, ou les soumettre aux tests imposés aux voitures de plus de vingt ans.

Les pièces, qu?il fait venir d?Angleterre, lui coûtent une fortune, mais Cyril Perrier n?en fait pas cas. Il est impératif que ses voitures restent d?authentiques machines. Michel, son mécanicien, en sait quelque chose.

Afin de respecter les designs d?origine, Cyril Perrier s?appuie sur son «Restaurer?s guide», histoire de savoir exactement quelle pièce est nécessaire pour tel ennui mécanique. « Il ne suffit pas d?aimer les collectionner, il faut savoir également les maintenir en état, sinon, elles perdraient de leur éclat.»

Porté par sa passion de l?automobile et des voitures de collection, Cyril Perrier vient de récupérer deux Jaguar d?époque, sur qui le temps a fait son oeuvre. Il va tout mettre en ?uvre pour les retaper et les redonner leur lustre d?antan. «Ma plus belle récompense c?est de pouvoir leur rendre une deuxième jeunesse.» Heureux qui comme Cyril Perrier a la passion des choses authentiques.

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