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Les attentes
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Rama Sithanen lâche du lest sur le terrain social alors qu?on est en plein processus de restructuration économique. La démarche est risquée (suspecte même aux yeux de l?Opposition). Mais le grand argentier pose comme condition à cette réconciliation entre l?économie et le social une croissance accélérée.
Il faut une activité plus vigoureuse dans la durée qui soit à même d?assurer une fiscalité florissante. De meilleures recettes découlant d?une croissance pourront financer non seulement le développement des infrastructures économiques, mais aussi les mesures sociales audacieuses (et ciblées).
Il y avait une grosse part de ?spinning? dans le discours de Rama Sithanen vendredi dernier. Il veut donner l?impression que les réformes au goût amer qu?il a introduites l?année dernière commencent à rapporter des dividendes. Dans ces conditions, il est plus facile de vendre d?autres décisions difficiles à la population.
Mais il y a aussi une démarche plus discrète dans ce discours. Le grand argentier veut remonter le moral des ménages et des entreprises en les persuadant que les choses vont s?améliorer dans un proche avenir. L?attente et la perception jouent un rôle fondamental dans l?économie. Les foyers ont une meilleure disposition à consommer dans le présent s?ils entrevoient une augmentation dans leur pouvoir d?achat dans le futur.
De la même manière, les entreprises sont plus à même d?investir dans de nouveaux projets lorsqu?elles anticipent une amélioration du climat d?affaires à l?avenir. La relance de la consommation et de l?investissement est une condition vitale à une activité plus robuste.
Le ministre des Finances doit gagner sur deux tableaux, c?est-à-dire une croissance plus forte pour assurer le développement social et inversement, promouvoir les conditions d?un retour à l?optimisme chez la classe moyenne et d?autres groupes durement touchés par la cherté de la vie.
Ce sont là les deux éléments essentiels à la cagnotte fiscale sur laquelle se fonde Rama Sithanen pour permettre au budget de se prendre en charge sans de nouvelles taxes. De ce point de vue du moins, le gouvernement ne remet pas en cause son projet de réforme économique. Reste que la restructuration économique a des implications plus profondes et structurelles que l?humeur du moment des opérateurs et des consommateurs.
Il est important de retourner à l?essentiel de la réforme. Le pays a besoin de nouvelles capacités industrielles pour réussir sa transformation vers une économie à revenu élevé. La modernisation de l?infrastructure physique et des télécommunications et l?amélioration des conditions de business, dont un assouplissement des lois du travail, sont vitales pour permettre aux industries d?être plus compétitives. Une récolte (réelle ou en apparente) des premiers fruits des réformes ne doit pas occulter le fait que la restructuration a encore un long chemin à faire.
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