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Les aléas politiques

18 septembre 2005, 00:00

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En politique, c?est celui qui colle mieux à l?air du temps qui en tire des dividendes. Ces jours-ci, sur fond d?une campagne des municipales, la marmite politique s?est remise à bouillir, tant dans le camp gouvernemental que dans celui de l?opposition. Ce qui n?est pas de bon augure, seulement deux mois après les législatives. Le véritable agencement de la scène électorale ne sera pas pourtant avant les prochaines consultations urbaines. Néanmoins déjà quelques indications permettent d?esquisser un paysage politico-social instable.

Au réformisme, le gouvernement oppose aujourd?hui une social-démocratie fortement teintée de l?expression caring government. C?est l?image qu?elle veut projeter. C?est le message sans équivoque du Premier ministre à ses lieutenants. Ceux-ci ne disposent pas de beaucoup de moyens, mais se doivent néanmoins d?accomplir des miracles. S?ils y parviennent, ce sera la preuve que l?imagination est au pouvoir. Parce que dans un contexte inflationniste du prix de l?or noir et de fragilisation continuelle des piliers de l?économie traditionnelle, il n?y qu?une bonne créativité qui nous permettra de sortir de l?ornière.

L?autre possibilité aurait été une rigueur extrême, une politique de « serre ceinture » radicale. Ce n?est pas la voie qu?a choisie l?Alliance sociale. Avant de savoir si elle a raison, il faudra déjà prévoir comment elle gérera le pays lorsque les indicateurs vireront résolument au rouge, lorsque la pression économique ne permettra plus de largesses, lorsque « putting the people first » ne sera plus qu?un simple slogan importé d?ailleurs. Du réchauffé idéologique lorsque l?inventivité est la seule ressource à exploiter ! Parce qu?il a déjà échoué, Navin Ramgoolam n?a plus le droit à l?erreur. Il le sait et il soigne son image en conséquence. C?est tant mieux pour le pays. Reste à savoir si cela ne va pas le paralyser lorsqu?il faudra prendre des initiatives courageuses autres que la seule réalisation de ses promesses électorales. Ce sera dans quelque temps son dilemme.

Du côté de l?opposition, on n?est pas mieux loti. Après le désenchantement de l?échec aux législatives et la période d?intériorisation de la défaite, certains commencent à se tirer dans les pattes. Lorsque quelques sous-fifres sont aigris, ils règlent leurs comptes. Lorsque d?autres sentent leurs partenaires affaiblis, ils retrouvent de l?appétit. C?est la règle cruelle de se retrouver dans l?opposition. Paul Bérenger en sait quelque chose. Lui qui a vu tant de monde partir et qui s?en est aliéné tant d?autres. Il reste que l?alliance MSM-MMM reste sonnée après sa défaite et il se pourrait même qu?elle ne se fait pas grande illusion sur l?issue du prochain scrutin.

C?est parce qu?il a été le moins touché que le PMSD a repris, dans ce contexte, des plumes du coq. Lui permettant de surcroît de rebondir là où d?autres se laissent aller. Comme quoi il suffit d?avoir la bonne attitude dans l?adversité pour remonter la pente. En attirant des candidats qui ont un rayonnement national sur sa liste municipale, le parti bleu indique la voie à ses partenaires. Mais ceux-ci semblent être sclérosés dans leurs structures traditionnelles et un dirigisme qui refroidit l?éventuel intérêt de nouveaux arrivants sur la scène politique.

Ce ne sont toutefois pas les seules considérations de partis qui vont influer sur l?échiquier politique. D?un côté, l?Alliance sociale s?est engagée dans une croisade sociale où ce sont les contraintes économiques qui vont finalement tout déterminer. De l?autre, l?Alliance de l?opposition se projette en alternance tout en étant incapable de se renouveler. Ce sont ces contradictions qui risquent de rythmer le pays dans les mois à venir. Il reste seulement à espérer que les politiques feront suffisamment preuve de responsabilité et de bon sens pour nous épargner d?un scénario catastrophe.

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