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Les 15 ans de la FMM selon Gervais Antoine
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Les 15 ans de la FMM selon Gervais Antoine
Pendant les quatre dernières années que Gervais Antoine a été à la tête de la Fédération mauricienne de motocyclisme (FMM), la moto a pris de nouvelles proportions dans le paysage sportif mauricien.
« Il a fait énormément d?effort pour développer le motocyclisme mauricien, notamment en obtenant l?affiliation au sein de l?AMU (NdlR : African Motorcycle Union) », note Hans Li Lun Yuk, pilote champion dans le groupe 50-80cc (dorénavant Super 50), considéré comme le groupe phare du championnat.
Gervais Antoine a rempilé comme président pour les quatre prochaines années. Il nous raconte ses souvenirs et les débuts de la FMM, qui, d?une certaine façon, lui sont intimement liées.
Son amour pour la moto remonte à 1983 où sa bande d?amis et lui tombèrent dans le phénomène de la mob qui avait frappé l?Europe dans le milieu des années 70. « Des jeunes frimaient sur des MBKs ou des Peugeots. Mes amis d?école et moi, nous faisions de la vitesse sur l?autoroute. Ça s?appelait ?la pousse? à l?époque pour « le moteur qui pousse », explique-t-il.
Un craze qui attira alors pas mal de spectateurs. « C?était un peu le Far West de la moto avec des motos bricolées et il y avait même des challenges entre les différentes régions », avoue-t-il. « Mes parents ne m?ont en aucun cas découragé et m?avait même offert une moto en cadeau pour mes résultats de School Certificate. Mon père me dépannait même pour le démontage du moteur », renchérit l?ancien élève du collège St Marys.
Entre-temps, son Higher School Certificate en poche, il prit emploi dans le secteur textile et se vit propulsé dans le management dès les premiers mois.
Quand le hors la loi devient legal
Après des années hors la loi, le salut de la moto vint d?un homme politique. « Le déclic est venu quand Germain Comarmond, celui que je considère comme le parrain de la moto, est venu nous proposer de légiférer le motocyclisme », explique-t-il. Et là, la machine se mit en route. « Nous avons ensuite rencontré Michael Glover (NdlR : le ministre des Sports). A l?époque, il y avait le Moto Club. J?ai ensuite créé le 2-Wheels Club et après il y a eu le Speed Beat », raconte le président de la FMM. Trois clubs étaient réunis pour former la fédération en 1990. Gilbert Fanchette du Moto Club prit la présidence et Gervais Antoine la trésorerie.
Le destin de la moto changea drastiquement. « La première course de moto légale, étant donné que les policiers avaient fermé la route, était pour l?inauguration de l?autoroute Geoffroy à Bambous. C?était une compétition sur ligne droite », se souvient Gervais Antoine.
Pour ce dernier, sa passion pour la moto décupla quand en 1991, il suivit un stage à la Réunion pour devenir éducateur fédéral. « Gilbert Fanchette, George Lamb et moi-même avions été choisis. Ces 10 jours étaient pour moi un monde de rêve. Ils évaluaient chaque candidat indépendamment et on devait travailler avec des enfants qui voulaient faire de la moto », se remémore-t-il. Durant cette même année, la première course du championnat eut lieu avec une course de côte à La Nicolière.
« J?avais terminé second derrière Irvine Cornette dans le Groupe 3, soit les cyclomoteurs modifiés », fait-il ressortir.
Les courses se multiplièrent. La moto décolla et dès 1992, cinq courses de côtes étaient courues avec une course d?endurance, qui, à l?époque, s?appellaient les 30 minutes d?endurance. Une fois de plus, c?est Irvine Cornette qui s?empara du titre de champion et Gervais Antoine, la place de dauphin. « C?était moi qui avait préparé sa moto », note-t-il.
En 1993, il abandonna le pilotage pour s?occuper de l?administration, soit la trésorerie. « J?aimais le contact de la mécanique sportive. C?était une façon pour moi de rester proche du pilote », soutient-il.
Après une réincursion sur un circuit à l?île de la Réunion, en remplacement de Cornette, blessé, il prit des responsabilités plus importantes au sein de la FMM en assistant Albert Lassémillante au poste de président. Il ne délaissa pas pour autant la préparation des motos. « Je prenais en main, personellement, 4-5 champions. Mais même cela je gardais un esprit d?impartialité », lance-t-il.
1995 - 1996, c?était l?année de la découverte de la moto avec l?arrivée du moteur bidalot qui avait une puissance de 18-19 chevaux et qui « décollait comme une bombe ».
Son poste de président, il l?obtint en 2001. Avec son diplôme d?éducateur fédéral, il se tourna vers l?éducation. Aujourd?hui, il est enseignant à l?école primaire Philippe Rivalland. Ses sept ans dans le textile « qui m?a permis de grandir ou, si on veut, sortir de l?adolescence » parce qu?il fallait prendre des décisions rapides et efficaces, lui sont d?une grande aide pour cette fonction fédérale.
L?année dernière, il obtint sa licence d?officiel de l?African Motorcycle Union. Le seul à Maurice à posséder cette distinction. Une boucle est bouclée à maintenant quarante ans. « Je remercie tous ceux qui ont cru en la moto depuis ses débuts, surtout Germain Commarmond et Michael Glover », conclut-il, simplement.
A dans quatre ans, pour son bilan. En attendant, rendez-vous à partir de midi aujourd?hui au Kart Loisirs à Petite-Rivière pour le début de la saison 2005.
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