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L?erreur tactique de Ranieri
ON a longtemps pensé que cette demi-finale aller de l?UEFA Champions League allait permettre au plus jeune des deux entraîneurs d?acquérir de l?expérience, en attendant d?atteindre à son tour le plus haut niveau. Mais c?est finalement Didier Deschamps, l?entraîneur de Monaco FC, qui est sorti vainqueur de cette bataille tactique contre le boss de Chelsea, Claudio Ranieri.
L?intérêt de cette demi-finale, au moins au match aller, était de savoir si l?inexpérience exubérante de Monaco allait triompher de la fraîcheur richement organisée des Londoniens.
Parmi les visiteurs du stade Louis II figuraient deux précédents vainqueurs de la compétition, Marcel Desailly et Claude Makelele, tandis que Mario Melchiot, Hernán Crespo et Juan Sebastián Veron avaient tous déjà atteint le stade des demi-finales. De plus, les victoires obtenues à l?occasion de leurs cinq matches de Champions League à l?extérieur cette saison semblaient promettre un nouveau succès à l?équipe anglaise.
Si l?on ajoute l?intelligence et l?humilité dont a fait preuve le manager italien Claudio Ranieri cette saison, même en étant sous pression, on pouvait difficilement envisager que la saison européenne des Blues soit écrasée sous le Rocher. Monaco avait aussi dans ses rangs un joueur ayant déjà remporté la Champions League, Fernando Morientes, Deschamps ayant quant à lui participé à trois finales en tant que joueur, en remportant deux.
Malgré la détermination avec laquelle les Monégasques avaient battu le Real Madrid en quart de finale, il semblait évident que ce nouveau défi serait plus difficile à relever pour l?équipe bien rodée de Didier Deschamps. Cette première impression s?expliquait uniquement par la capacité de Chelsea à résister à l?adversité initiale.
Lors de leur première demi-finale de Coupe des clubs champions sur la scène européenne, les Blues subissaient rapidement un premier revers lorsque Dado Prso donnait l?avantage aux Monégasques d?une tête en pleine lucarne, mais Chelsea répliquait de façon impressionnante. La décision de Ranieri de faire démarrer Crespo à la place de Jimmy Floyd Hasselbaink a d?ailleurs joué un rôle primordial dans le retour de l?équipe anglaise.
La triple erreur de Ranieri
Avec Makelele en force dominante au milieu de terrain, ajoutant de la précision et de l?intelligence là où tout le monde privilégie la quantité à la qualité, Chelsea revenait dans le match avec une ténacité qui illustre bien le règne de Ranieri à Stamford Bridge. Cependant, même si Crespo avait égalisé au milieu de la première période, les visiteurs n?avaient jamais eu la maîtrise du match avant la pause. Ranieri a ensuite joué le tout pour le tout.
En Angleterre, il a été affublé durant toute la saison du surnom de ?bricoleur?, un sobriquet affectueux désignant sa foi inébranlable dans les avantages que procurent les rotations d?équipe et d?effectif. Malheureusement, la même intuition qui lui avait valu de titulariser Crespo s?est retournée contre lui après la pause lorsqu?il a décidé de lancer Verón à la place de Jesper Gronkjær. L?Argentin, empressons-nous de le préciser, n?a repris que très récemment l?entraînement après avoir été blessé depuis début novembre.
Ensuite, dès l?expulsion du Monégasque Zikos, Hasselbaink a remplacé le défenseur néerlandais Mario Melchiot. Les observateurs neutres se sont alors pamés devant la tentative de Ranieri de tuer le match, tandis que les passionnés de football qui comprennent la mentalité particulièrement prudente du manager ont eu peur pour lui. L?Italien avait abandonné ses principes de base, qui privilégient la sécurité, et choisi le risque. C?était une erreur...
Deschamps, assis sur le banc adverse, est plus jeune et moins expérimenté en tant qu?entraîneur, mais il jouit d?une extraordinaire expérience en tant que joueur. Après avoir remporté tous les honneurs pour différents clubs et son pays, l?ancien joueur de Nantes, de Marseille, de la Juventus, de Chelsea et de Valence s?affirme cette saison comme un entraîneur avec lequel il faut compter.
On sentait que l?avantage numérique de Chelsea ne jouait pas forcément en sa faveur lorsque Fernando Morientes choisissait de poursuivre sa formidable saison dans cette compétition européenne, en marquant le deuxième but monégasque d?une superbe frappe.
Quelques instants plus tard, Deschamps lançait astucieusement Shabani Nonda et l?attaquant congolais réalisait presque instantanément ce que, selon Ranieri, Hasselbaink aurait dû faire pour Chelsea : marquer un nouveau but. L?entraîneur français est peut-être le plus jeune, et il reste encore un match retour à Londres, mais Deschamps a quitté le stade Louis II en ayant donné l?impression qu?une fois de plus, la finale l?attend.
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