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L?entrepreneuriat au centre des débats

19 mars 2004, 20:00

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Le Forum francophone des Affaires s?est réuni jeudi pour discuter de l?entrepreneuriat dans le monde francophone. Des représentants de 14 pays se sont donné rendez-vous lors d?une visioconférence pour se pencher sur le thème « L?entrepreneur, fruit de son milieu ». La rencontre a vu la participation du secrétaire général de l?Organisation internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf, et du Premier ministre du Québec, Jean Charest, entre autres. Maurice était représentée par François de Grivel, chef d?entreprise et président du Forum francophone des affaires (antenne locale) et par Jean-Claude de l?Estrac, rédacteur en chef de l?express.

La visioconférence a été réalisée sous le haut patronage de l?OIF. A Maurice, c?est l?Institut de la francophonie pour l?entrepreneuriat qui s?est chargé de la logistique. Pendant trois heures, les participants ont parlé de la situation de la culture entrepreneuriale dans leurs pays respectifs. Ils ont aussi discuté des moyens à être mis en place pour dynamiser l?esprit d?entreprise parmi les populations francophones. L?échange a permis de constater que le continent africain attend beaucoup des initiatives des jeunes pour sortir de la pauvreté. Toutefois, plusieurs obstacles s?opposent à la réalisation de cet objectif s: manque d?encadrement et d?appui aux entrepreneurs, concurrence déloyale des activités informelles, accès difficile aux capitaux et aux marchés?

L?état de la culture d?entreprise en Afrique francophone reste précaire surtout à cause de l?absence d?un secteur privé digne de ce nom. L?Etat demeure souvent au c?ur de l?activité économique, laissant peu d?espace aux acteurs privés. Il y a aussi le manque d?ambition des opérateurs. L?activité entrepreneuriale se limite trop souvent à la production artisanale. L?appui technique doit favoriser un transfert d?idées et de technologies afin d?envisager des activités plus complexes.

Abdou Diouf a fait état de l?apport des microentreprises pour diminuer la pauvreté en Afrique. Il a mis en lumière la nécessité de trouver des facilités de microcrédit pour encourager de telles activités.

« Les microentreprises ont besoin d?un financement que les banques n?acceptent pas toujours d?assumer. Ces unités peuvent se développer en des petites ou moyennes entreprises si elles obtiennent le support nécessaire.»

Le secrétaire général de l?OIF a énuméré les conditions nécessaires à l?épanouissement de l?initiative privée sur le continent. La stabilité politique et sociale et l?existence d?institutions de justice fiables, entre autres, instaurent la confiance chez les investisseurs. Des échanges d?expérience ont aussi été faits. Le représentant québécois a expliqué un projet mis en place par le gouvernement régional pour encourager l?esprit d?entrepreneuriat chez les jeunes étudiants.

François de Grivel a, lui, souligné l?importance d?un secteur privé dynamique en vue de favoriser les petites et moyennes entreprises (PME). Il a fait ressortir « la compétence des Mauriciens qui a permis le développement de l?activité sucre, de la zone franche, des technologies de l?information et des communications ...» Il a parlé de l?importance d?une synergie entre les pays francophones. « Les entreprises mauriciennes sont déjà présentes dans l?Afrique de l?Est et l?Afrique de l?Ouest. Maurice peut devenir le catalyseur de cette synergie en Afrique francophone. »

Jean-Claude de l?Estrac a, pour sa part, fait un bref tracé du parcours industriel du pays, axant son discours sur les industries de substitution à l?importation durant la période de l?Indépendance et le bond industriel grâce à l?impulsion de la zone franche d?exportation dans les années 80?Toutefois, il constate que le secteur privé est aujourd?hui à bout de souffle. « Il faut aujourd?hui importer les idées. Plus que les capitaux, ce sont des idées que nous avons besoin »

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