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L?Energie divise l?Etat et les sucriers

13 novembre 2007, 00:00

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Un veritable bras de fer engagé entre le gouvernement et les sucriers au sujet de la réforme sucrière. Les nouvelles propositions de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) sont considérées «inacceptables» par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Les sucriers, eux, estiment que leurs propositions sont «justes et équitables». En même temps, outre la cession de terres, c?est la production énergétique qui est sujette aux divergences entre l?Etat et les sucriers.

Interrogé hier, le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, a fait ressortir que le Central Electricity Board (CEB) ne devrait pas être «perdant au niveau du prix, qu?il ne faut pas qu?il y ait des profits exagérés de la part du privé dans la production énergétique d?autant plus que l?industrie sucrière ne prend pas de gros risques car il y a un marché garanti».

La MSPA fait de son côté valoir que son seul objectif est que ce sujet ne soit pas un frein à la mise en place de clusters comme identifiés pour assurer le futur de toute la filière canne. Elle estime que toute question ayant trait aux contrats commerciaux existants et à venir ne peut être discutée que par les promoteurs directement concernés et les autorités compétentes.

Concernant la participation des autres stakeholders au capital des raffineries, distilleries et projets électriques, la MSPA déclare que l?association a fait une proposition pour que ces stakeholders puissent, dans leur ensemble, souscrire à 30 % de l?actionnariat hormis la part de tout investisseur stratégique. Cela, selon Patrick d?Arifat, président de la MSPA, représente en moyenne une augmentation de 50 % de leur part.

«Le Premier ministre a fait un appel à l?industrie sucrière pour qu?il y ait partage, équité et justice. C?est une occasion historique pour transformer l?industrie sucrière en une industrie cannière avec la participation des planteurs, des travailleurs et du secteur corporatif. La MSPA ne doit pas aller vers la confrontation», lâche pour sa part le ministre Arvin Boolell. «C?est l?occasion, ajoute le ministre, de créer une nouvelle ère de participation et de développement économique et social. Ce sera un exemple d?un véritable empowerment mauricien pour consolider l?industrie sucrière en raison de la compétition féroce.»

<B>«Attristé», «déçu» et «indigné»

Il souligne que les terres, l?actionnariat et l?énergie feront partie d?un all inclusive package deal qui doit refléter une symbiose entre tous les partenaires. D?autant plus que le gouvernement mène un combat pour que les bénéfices du protocole sucre soient transposés dans l?Accord de partenariat économique Arvin Boolell se dit «attristé», «déçu» et «indigné» par le comportement de la Compagnie usinière de St.-Félix qui aurait dû attacher une plus grande importance aux intérêts des planteurs et des travailleurs en raison des gros bénéfices que la compagnie a obtenus de la conversion de ses terres.

«C?est dommage que la MSPA n?ait rien dit à ce sujet pour amener St.-Félix à honorer ses obligations», fait-il comprendre. Le ministre déplore aussi le fait que St.-Félix n?a pas contribué au Planters Fund depuis 1999. Il se propose de demander à la Mauritius Sugar Authority d?envisager la possibilité de prendre des actions contre St.-Félix. Selon le ministre, celle-ci doit environ Rs 7 millions à ce fonds.

Les sucriers, eux, n?ont pas tardé à réagir aux critiques du Premier ministre, Navin Ramgoolam, concernant ses nouvelles propositions sur la réforme sucrière. Lors d?un point de presse hier, Patrick d?Arifat a fait ressortir que «l?offre des sucriers contient tous les ingrédients pour répondre aux aspirations des autorités». «Nous sommes satisfaits que notre proposition est juste et équitable et, qu?elle devrait permettre, après discussions, d?enclencher la réforme dans les meilleurs délais. Tout retard dans la mise en ?uvre de la réforme ne saurait lui être attribué.»

<B>Contribution des entités publiques</B>

La MSPA a proposé que l?ensemble des producteurs sucriers transfère 2 000 arpents dont une contribution de 1 500 arpents à l?Empowerment Programme pour des besoins sociaux et un deuxième transfert de 500 arpents au gouvernement à des conditions à être agréées mutuellement.

Patrick d?Arifat a affirmé ne pas comprendre les commentaires du Premier ministre à l?effet que les propositions des sucriers «ne sont pas raisonnables». Selon lui, «plus que jamais», la MSPA pense qu?une rencontre doit être organisée afin que «nous puissions avoir viva voce la réaction des autorités à nos propositions et éclaircir tout malentendu». «Nous maintenons que, dans ses dernières propositions, la MSPA a fait preuve de beaucoup de compréhension autant sur les questions de terre que sur les autres attentes des autorités».

Le principe accepté était que tous ceux qui bénéficient de mesures d?accompagnement pour le financement d?un Voluntary Retirement Scheme ou du Blueprint pour la centralisation, participent à l?effort sur les terres, a-t-il fait valoir. C?est dans ce contexte, que la MSPA dit avoir inclus la contribution des producteurs autres que les membres de la MSPA. Parmi ces producteurs figurent la Rose Belle Sugar Estate et la State Land Development Co. Ltd.

Pour l?instant, Claudia Wiedey, chef de la délégation de la Commission européenne (CE), a expliqué qu?elle n?est pas en mesure de commenter les modifications éventuelles apportées à la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS) ? document sur la réforme sucrière ? et ses implications. Car, dit-elle, la CE n?est pas en présence de propositions concrètes. «Nous suivons les discussions entre les différents partenaires du MAAS», confie-t-elle.

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