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Le vécu tamoul

18 avril 2005, 00:00

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C?est écrit. Le Panchangam ? almanach et livre de prédictions des Tamouls ? l?a prévu. La nouvelle année ? 5017 selon le calendrier ? sera marquée par l?abondance des pluies et une bonne récolte. Le centre culturel lui aussi a mis toutes les chances de son côté.

La première avancée est venue de la lecture du budget 2005 ? 2006. Il fait mention d?une subvention à titre exceptionnel de Rs 1 million, pour la construction du siège du centre culturel tamoul. Notons que les centres telugu et marathi bénéficient d?une mesure identique.

Effet boule de neige ? Toujours est-il que vendredi 8 avril, le conseil des ministres prenait note de la reconstitution du conseil d?administration du centre, avec Parama Valaydon à sa tête pour un deuxième mandat consécutif de trois ans.

?Ce million de roupies est comme une semence qu?il faudra faire germer. Ce n?est que le point de départ pour un projet d?une valeur de Rs 50 à Rs 60 millions.? Arrivé au stade d?appel d?offres, ce projet de complexe polyvalent doit voir le jour à Réduit sur un terrain de 58 perches, vis-à-vis de l?université de Maurice. ?Le terrain nous a été donné par l?Etat.? Il comprendra à terme un auditorium, des salles de musique, une bibliothèque, des logements pouvant accueillir des chargés de cours invités par le centre.

?Je pense que la subvention budgétaire vient montrer à tous ceux qui ont crié à la balkanisation de la société à la création des centres culturels en 2001, qu?ils ont tort.? Très convaincu le président du centre culturel tamoul. ?Tout ce qui est sectaire est dépassé. Notre mission est de développer une connaissance transversale de la culture.?

<B>Une histoire mal documentée</B>

Pour y parvenir, le centre ? logé tout au bout d?un chemin privé longeant le mur de l?église Montmartre à Rose-Hill ? s?est d?abord penché sur la décentralisation de sa présence. En plus du siège des Plaines-Wilhems, le centre culturel tamoul a installé des antennes à Amaury, Goodlands, Rose-Belle et Port-Louis.

A l?aube de son existence, l?institution a lancé l?enseignement du tamoul en ligne. Grâce à ses accords avec le Tamil Virtual University de Chennai, des cours menant au certificat niveau débutant sont dispensés à tous ceux intéressé à déchiffrer et composé les 12 voyelles et 18 consonnes de la langue tamoule.

Une vingtaine d?étudiants a d?ailleurs reçu leur diplôme à l?occasion du nouvel an. Le taux de réussite avoisine les 80 % alors que la moyenne tourne autour de 70 %. L?enseignement se fait par le biais d?un logiciel coloré et illustré avec des sons pour le perfectionnement de la prononciation et la mémorisation visuelle. Un esprit interactif que le centre compte cristallisé avec le lancement de son site web d?ici le mois prochain.

La musique étant un élément essentiel de la culture, le centre dispense aussi des cours de violon, de mridangam ? instrument de la famille des percussions ? et de veena, ancêtre du sitar. ?Nous envisageons d?introduire des cours de flûte?, devait déclarer Parama Valaydon. Lui-même adepte de flûte en bambous, il a un album de musique carnatic à son actif. La philosophie est aussi au menu des activités, avec la tenue régulière d?atelier sur le Thirukkural, long poème qui selon Parama Valaydon, représente le patrimoine culturel tamoul.

Un vécu, une histoire mal documentée, selon le président du centre culturel tamoul. Un constat qui a poussé à la mise sur pied d?une équipe de chercheurs qui se penchent sur la présence tamoule à Maurice. ?Les premiers travailleurs engagés étaient 0des Tamouls de Pondichery et de Coromandel?, rappelle Parama Valaydon. Le groupe est notamment composé de l?historien Sadda Reddi, du linguiste Vassen Naïk, du Dr Siven Chetty. Ils devraient publier leurs travaux d?ici début 2006.

Autre but avoué du centre : tisser des liens avec la diaspora sur une base régionale. Dans ce contexte, une troupe de 12 artistes locaux ? dont des danseuses de bharat natyam, la danse cosmique de Shiva ? ont répondu, le 15 avril, à l?invitation de l?Association Ecole Tamij de Saint Paul de la Réunion.

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