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Le vol de ferraille met en péril de nombreux secteurs

27 juillet 2007, 00:00

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Tout y passe. Et personne n?est épargné. La valeur du fer et autres métaux ne cesse d?augmenter. Et les voleurs suivent la tendance. Le vol et la revente de métaux deviennent presque un mode de vie pour nombre de chômeurs qui voient là une manière facile de gagner leur vie. Entre Rs 5 000 et 10 000 la tonne, le commerce de la ferraille, de l?aluminium ou du cuivre s?avère une affaire fructueuse. Et quand un tel trafic est cautionné par des opérateurs illégaux qui ne vérifient pas leurs sources d?approvisionnement, c?est tout un réseau illégal qui ne cesse de grandir.

Si les vols ont d?abord touché la vieille ferraille, les moins frileux ont désormais une nouvelle cible : les câbles téléphoniques de Mauritius Telecom ou les câbles électriques. Denim de l?Ile, entreprise spécialisée dans l?exportation de textile, ne compte plus le nombre de fois où elle a été paralysée par des vols de câbles. Certains ?chasseurs de ferraille? ne prennent que ce qu?ils trouvent à l?état d?abandon au bord de la route ou chez des particuliers mais ce n?est pas le cas pour tous. D?autres n?hésitent pas à détruire pour s?enrichir.

?La situation s?aggrave?

Lumitech, entrepreneur en travaux électriques, en a eu pour environ Rs 600 000 de pertes durant les deux semaines passées, à la suite de vols sur des chantiers dans le sud. Les risques encourus sur les câbles à haute tension ne font pas reculer les voleurs. ?Nous en sommes à notre quatrième vol en deux semaines?, explique un employé de Lumitech.

?L?assurance nous remboursera sans doute la valeur du câble à l?époque où nous l?avons acheté. Mais en un an, la valeur du cuivre a augmenté d?environ 20 % et c?est autant de pertes pour nous. De plus, toute l?installation est à refaire et nous n?obtiendrons aucun remboursement pour cela?, poursuit-il. Des policiers ont surveillé les environs pendant deux nuits mais ils n?ont pu arrêter les malfrats. ?Nous comprenons que la police ne peut surveiller tous les sites. C?est à la base même que le problème doit être résolu.? Un meilleur contrôle à l?exportation serait, en effet, souhaitable.

C?est aussi l?avis de Benoît Pigeot, directeur de Scrap Supplies Ltd. Cette entreprise se bat, avec deux autres opérateurs, depuis environ six mois pour régulariser le marché et donner les moyens aux policiers d?agir. ?La situation est en train de s?aggraver et la police est dépassée. Nous avons eu maintes réunions avec les autorités pour essayer de mettre un peu d?ordre dans le secteur. Ils nous ont fait comprendre qu?il fallait passer par l?adoption d?une loi. Depuis, pas de nouvelles.?

Aujourd?hui, n?importe qui se permet d?installer un container au coin d?une rue et d?accueillir des vendeurs de ferraille à toute heure du jour et de la nuit. Aussitôt le container rempli, la ferraille est exportée sans le moindre contrôle à la douane. ?Il semblerait que la douane dispose d?un scanner qui est en panne depuis des mois. Résultat, pas de contrôle possible sur ce qui quitte le port?, ajoute Benoît Pigeot.

Thierry Serret, directeur d?une entreprise dans le domaine de l?affichage, est également victime du commerce illégal de métal. En trois semaines, l?un de ses clients s?est fait voler l?équivalent de Rs 180 000 de matériel sur un panneau à Phoenix. ?Ils ont même commencé à s?attaquer à l?écharpe des panneaux qui ont une fonction structurelle pour soutenir le panneau. De tels vols peuvent s?avérer très dangereux pour le public.?

Thierry Serret explique ainsi avoir été prévenu par un proche, hier, qu?un de ses panneaux installés sur un site fermé à Vacoas ne fonctionnait plus. ?Quand je suis allé sur place, je me suis rendu compte qu?ils avaient sectionné les fils électriques en plusieurs points et retiré toute connexion électrique. En fait, ils étaient venus enlever tout ce qui pourrait les gêner pour enlever les morceaux du panneau qui pouvaient leur rapporter la nuit suivante. J?ai fait démonter le panneau juste à temps.?

?Perte de Rs 2 m?

Et la situation ne cesse d?empirer. Le directeur de Creative Advertising Bureau Ltd, Raj Gopee, fait ressortir que depuis 2004, la compagnie a été ?victime de plusieurs vols de barres en aluminium sur ses panneaux publicitaires plus connus comme les Trivision.

A ce jour, nous avons fait le triste constat d?une perte de plus de Rs 2 millions et cette perte financière ne cesse de s?accroître car le coût du matériel ne cesse d?augmenter?.

Une fois de plus, les victimes de vols s?adressent aux autorités pour des mesures rapides. ?Aujourd?hui, on nous vole les panneaux. Demain, qu?est-ce qui les empêchera de voler les mains courantes dans les endroits publics ou les barreaux des individus ? Cela pose aussi un problème de sécurité qu?il faut absolument régler?, insiste Thierry Serret. Et le moyen le plus sûr de s?attaquer à ces vols serait une loi stricte envers tous ceux qui achètent illégalement de la ferraille sans en vérifier la provenance. ?Un tel commerce est malsain et met en péril d?autres secteurs qui ont fait des investissements.?

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