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Le syndicaliste Rashid Imrith acquitté

12 février 2004, 20:00

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LE syndicaliste Rashid Imrith a été acquitté par le tribunal de troisième instance de Port-Louis. Il était poursuivi pour avoir collé des affiches sur le bâtiment Emmanuel Anquetil. Pour le magistrat Prem Sewpal, la poursuite n?a pu prouver sa culpabilité.

A l?origine de cette campagne d?affichage, une promesse du gouvernement MSM en 1995. Une hausse salariale de 15 % serait accordée à tous les fonctionnaires s?il était reconduit au pouvoir. Lorsqu?au décompte des voix, l?alliance PTr/MMM rafle les 60 sièges, elle refuse de respecter l?engagement. Rashid Imrith, alors président de la Fédération des syndicats du service civil, placarde des affiches exigeant l?augmentation des salaires.

Dans la nuit du 31 janvier 1996, un constable en patrouille affirme avoir vu une dizaine de personnes, dont Rashid Imrith, collant des affiches sur les colonnes du bâtiment. Il s?approche du syndicaliste et lui fait comprendre qu?il transgresse une interdiction, le bâtiment appartenant à l?Etat. Celui-ci lui aurait alors répondu : ?Nou pé collé. Personne pas pou capave empêche nou.? L?enquête démarre. Le syndicaliste ne fait pas de déposition écrite. Il est par conséquent accusé d?avoir collé des affiches sans permission, et de ne pas s?être acquitté d?une redevance à la municipalité de Port-Louis.

Témoignage ambigu

Selon le magistrat Prem Sewpal, le ministère des Affaires intérieures n?a pu prouver que le bâtiment Emmanuel Anquetil est la propriété de l?Etat. La poursuite n?a fait que prouver que Rashid Imrith n?a pas obtenu l?autorisation de placarder les affiches. ?It is insufficient for the prosecution just to adduce evidence as to permission without the proof of ownership, in as much as ownership is inextricably linked with permission.? De fait, tenant compte d?un point soulevé par Me Antoine Domingue, il indique que la première accusation ne tient pas la route et qu?elle est ?défectueuse?.

Pour ce qui est du non-paiement de redevance sur les 70 affiches collées, le magistrat affirme que le témoignage du constable est ambigu. ?Il n?y a pas la moindre preuve certifiant le nombre d?affiches.? Selon le règlement énoncé par la Public Service Commission, si Rashid Imrith avait été trouvé coupable il aurait perdu son emploi.

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