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Le sucre provoque des étincelles
Le sucre a laissé un goût amer. La Private Notice Question (PNQ) du leader de l?opposition, Paul Bérenger, adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, mais répondue par le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, provoque des étincelles. Car il estime que la question du sucre est traitée avec ?désinvolture? par le gouvernement. Mais le ministre de l?Agro-industrie affirme que les intérêts de Maurice seront ?sauvegardés? et non ?bradés?.
La PNQ concernait la réduction de 39 % du prix du sucre offert aux pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) par l?Union européenne (UE), la compensation de 80 % aux producteurs sucriers européens, l?impasse au sujet du budget de l?UE et la proposition pour un nouveau Global Adjustment Fund. Elle concernait aussi les propositions de baisses de tarifs des produits agricoles faites par les états-Unis et l?UE à l?OMC.
Paul Bérenger voulait aussi savoir si Navin Ramgoolam a écrit aux leaders de la Grande-Bretagne, de la France, d?Allemagne, d?Italie et au Parlement européen, et s?il est prudemment optimiste d?espérer que la proposition de la Commission européenne pourrait s?améliorer.
Dans sa réponse Arvind Boolell a dit que depuis 2005 le gouvernement a intensifié ses actions à tous les niveaux pour contrecarrer la proposition de la Commission européenne. Cette proposition porte sur une réduction de 39 % du prix du sucre échelonnée sur quatre ans avec une compensation de 60 % aux producteurs sucriers européens.
Le montant de cette compensation n?a pas encore été finalisé.
Il a fait état de ses missions de lobbying à l?étranger. En sa capacité de porte-parole ministériel des ACP pour le sucre, il a rencontré des ministres clés de l?UE. Dans ses différents déplacements, le Premier ministre a eu l?occasion de rechercher le soutien d?un certain nombre de pays à la cause des ACP. Le dossier sucre a été soulevé par Navin Ramgoolam avec le président français Jacques Chirac à Madagascar et avec le Premier ministre italien à l?assemblée générale des Nations unies. à New York, Navin Ramgoolam a aussi mis en exergue les menaces de ces réformes du régime sucre et la vulnérabilité des petits états insulaires.
Lors de la réunion des chefs d?état et de gouvernement du Commonwealth à Malte du 25 au 27 novembre, il est prévu que les leaders des ACP rencontrent le Premier ministre britannique, Tony Blair.
Une mission de lobbying en Allemagne, Espagne et France est prévue à partir du 14 novembre. Les rendez-vous sont recherchés. Une rencontre est prévue avec le ministre français de l?Agriculture au début de décembre.
?Nous allons optimiser l?utilisation de nos ressources afin que nos intérêts soient sauvegardés dans la mesure du possible?, dit Arvin Boolell.
Le ministre de l?Agriculture a souligné qu?au moins 11 ministres de l?UE, dont ceux d?Espagne, du Portugal, de la Grèce, d?Italie, de la Pologne et d?Irlande, sont opposés aux réformes drastiques.
Avant de conclure, Arvin Boolell a souhaité, comme Paul Bérenger, que le dossier sucre soit traité au-dessus de la politique partisane.
Lors d?une conférence de presse tenue à l?issue de la PNQ, Paul Bérenger a donné trois raisons pour lesquelles il a adressé la PNQ au Premier ministre. Le dossier le plus important pour le pays étant celui de l?industrie sucrière avec ses planteurs, laboureurs et artisans.
En plus, la question posée ne concerne pas seulement le sucre mais a plusieurs dimensions. Sans compter qu?au niveau de l?UE et de l?Organisation mondiale du commerce (OMC), le dossier sucre dépasse le niveau ministériel pour être traité au niveau des chefs d?état et de gouvernement.
Pour ces raisons, Paul Bérenger trouve ?choquant? et ?effrayant? que Navin Ramgoolam ait choisi de laisser Arvin Boolell répondre à la PNQ et que ce dernier a traité ce dossier avec ?légèreté?.
?Si j?ai adressé la PNQ au Premier ministre, ce n?est pas que je voulais marquer des points. Le sucre est une question d?intérêt national. J?étais prêt à adopter une position souple sur la question?, dit Paul Bérenger.
?Il faut placer le sucre au-dessus de la politique partisane. Le Premier ministre a fui devant ses responsabilités. Il est clair, dit-il, qu?Arvin Boolell n?a pas d?informations sur les points que j?ai soulevés. Ce n?est pas trop tard. Le Premier ministre peut se ressaisir.?
Paul Bérenger affirme souhaiter ?un consensus national du gouvernement, de l?opposition, et du secteur privé sur le dossier sucre non seulement vis-à-vis de l?UE et de l?OMC mais aussi au sujet de l?Accelerated Action Plan au niveau local. Il se dit prêt ?à partager ses idées et les informations dont il dispose sur la question?.
Il estime que les ?chances qu?il y ait une baisse de prix du sucre de moins de 39 % sont bien réelles et qu?il faut mettre toutes les chances de notre côté?.
?Pour cela, il faut que le Premier ministre change d?attitude et assume ses responsabilités au sujet du dossier sucre?, ajoute Paul Bérenger, qui se dit ?inquiet?, non seulement du dossier sucre mais aussi de celui de l?exportation de produits textiles mauriciens vers les États-Unis après le limogeage de Peter Craig, Trade Commissioner à Washington.
Il compte revenir à la charge au Parlement sur ces dossiers.
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