Publicité
Le sucre européen sous la colère des gros producteurs
Par
Partager cet article
Le sucre européen sous la colère des gros producteurs
Le Brésil, l’Australie et la Thaïlande sont fâchés. À leurs yeux, l’Europe est en infraction à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le volume de sucre subventionné que l’Union européenne (UE) écoule sur le marché mondial, ainsi que les subsides, excèdent les limites imposées par l’OMC. L’Europe se défend, en mettant en avant la réforme de son régime sucrier, préjudiciable aux pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), dont Maurice.
En 2005, le panel de l’OMC donne gain de cause au triumvirat Brésil, Australie et Thaïlande à l’effet que l’UE écoule du sucre subventionné. Ces pays se disent lésés dans la mesure où ce volume non contrôlé concurrence leur production. L’UE fait appel et perd. Elle disposait d’une “période raisonnable” d’un an et trois jours pour se mettre en conformité avec les règles de l’OMC. Le délai a expiré ce lundi 22 mai. Désormais, son quota annuel pour ce type de sucre subventionné est de 1 273 millions de tonnes, assorti d’un seuil de subsides de 499 millions d’euros.
Devant le Dispute Settlement Body, le 17 mai dernier, l’UE a fait part des mesures préconisées pour respecter ce ruling. Tout en rappelant que cette réforme lui permet de prendre les décisions qui s’imposent pour mettre en pratique les recommandations de l’OMC, l’Europe a indiqué que non seulement ses producteurs, mais les ACP en souffriront également.
“S’il n’y a pas vraiment d’implications pour Maurice à ce stade”, explique-t-on à la Plantation House, la situation risque toutefois de se corser sur le long terme, analyse un diplomate basé à Bruxelles. En effet, pour être conforme au règlement de l’OMC, l’UE devra réduire sa production. Une solution pour inciter les producteurs à abandonner cette filière sera de réduire, une fois de plus, le prix du sucre. Déjà sous le coût d’une baisse de 36 % en 2009-2010, Maurice et les ACP auraient à subir une nouvelle coupe.
Ce ruling de l’OMC a par ailleurs été le principal argument de la Commission européenne pour réformer le régime sucrier. Résultat : une baisse de prix du sucre de 36 % effective à partir de 2009-2010. Tant les betteraviers européens et les pays ACP exportateurs de sucre en sont affectés, certains préfèrent arrêter la production. D’autres se restructurent. Le Brésil, premier producteur mondial de sucre, l’Australie et la Thaïlande restent toutefois persuadés que l’Europe ne sera pas en mesure de respecter ces nouveaux engagements vis-à-vis de l’OMC.
Pour la période 2005-2006, l’UE a exporté massivement ce sucre subventionné, en anticipation du délai fixé en mai. En jouant sur les technicités légales, les exportateurs ont la possibilité de poursuivre cette activité jusqu’au 31 août 2006. De quoi attiser l’ire de l’Australie dans la mesure où le volume de ce type de sucre est égal à sa production.
Publicité
Publicité
Les plus récents