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Le rythme dans la peau
La piscine Serge-Alfred a été témoin de la montée en puissance de ce jeune nageur du Club aquatique de Maurice (CAMO) samedi dernier, 9 avril. Engagé dans le 400m 4-nages de la seconde étape de la Coupe de la République, Jérôme Wong survole l?épreuve en 5 minutes, 23 secondes et 43 centièmes. Soit son meilleur temps dans cette épreuve depuis ses débuts en natation à 10 ans.
En ce temps-là, il ne sait pas encore nager et c?est un peu tard, dit-on, pour commencer la natation de compétition. Suivant une logique implacable que tout habitant d?une île doit savoir nager, Georges Wong inscrit son fils aîné au CAMO. « Je voulais juste qu?il sache comment nager », confie le papa.
Mais c?était mal connaître le petit. Battant dans l?âme, il prend goût à la compétition. « J?adore me battre pour gagner. Mon objectif était de faire partie du groupe Élite du CAMO. J?y suis parvenu et j?aime beaucoup l?ambiance », déclare le nageur.
A cette époque, c?était brouillon dans sa tête. Il nageait comme ça, « pour le plaisir et pour gagner », dit-il, mais sans objectif majeur. Après les débuts avec Ivan Leclerc, il allait plus tard être pris sous l?aile de Laval Chung.
Après quelques années, Jérôme se découvre des aptitudes prononcées pour le papillon. Ce style lui va bien en natation? et un peu dans la vie aussi. Car l?aîné de la famille Wong vole d?activité en activité. Outre la natation, il trouve du temps pour prendre des cours de danse à l?Académie de Thérèse David à Phoenix. Cha Cha Cha, Rumba et danses classiques en couple sont dans son répertoire. Artiste complet, il n?hésite pas quelquefois fois à prendre le micro pour pousser la chansonnette en famille.
« C?est dans le sang, même mon papa chante », dit-il, tout amusé.
« Mon oncle Lindsay Min Fa était connu pour la danse et le chant. Nous aimons tous nous détendre de cette façon », ajoute Jérôme.
Etudiant en Lower VI au Collège Saint Mary?s à Rose-Hill, le papillonneur ne laisse pas les chiffres, les formules à apprendre par coeur et la littérature lui bouffer tout son temps.
« Je privilégie beaucoup les activités extra scolaires pour mes enfants. C?est important pour leur épanouissement. Jérôme a omis de vous dire qu?il fait aussi du piano et qu?il a joué dans la pièce Les Misérables avec Gérard Sullivan lorsqu?il faisait le CPE », souligne le pater.
La maman Marie-France semble approuver son mari. Eux-mêmes d?anciens athlètes, les parents Wong ont inscrit tous leurs progénitures au CAMO.
« C?est une coïncidence terrible qu?ils ont tous accepté de faire de la natation, car moi j?étais plutôt branché basket, athlétisme et tennis de table dans ma jeunesse. Je suis d?avis que tout le monde doit savoir nager dans une île, c?est pourquoi ils s?y sont tous mis », repète George.
Admirateur de Phelps
Les trois soeurs de Jérôme, Mélanie (15 ans), Lucile (13 ans) et Déborah (11 ans) sont toutes adaptes de la natation. Si la première a arrêté la compétition, les deux autres s?en donnent encore à coeur joie. Lucile a même remporté sa série du 200m 4-nages samedi, pour finalement finir troisième au général dans sa catégorie des minimes.
A la veille des compétitions, on discute sérieusement à la maison. « Nous parlons tactique et nous disons que nous allons faire ceci ou cela », explique Jérôme.
Sans se faire de grosses illusions, le Marian (nom donné aux élèves de l?établissement scolaire qu?il fréquente) pense surtout aux Championnats de Maurice prévus le mois prochain.
« Je m?entraîne dur et je ferai de mon mieux », dit-il. En effet, il parcourt cinq à six kilomètres quotidiennement de 17 heures à 19 heures en semaine et de 5 h 30 à 7 heures les samedis. C?est loin des 20 kilomètres quotidiens de son idole Michael Phelps, spécialiste du papillon et du 4-nages comme lui. « C?est monstrueux ce qu?il fait, mais bon lui c?est un pro », se dit-il.
Conscient qu?il ne pourra pas emboîter une carrière similaire à celle du géant américain, Jérôme Wong se contentera, dans quelque temps, peut-être, « à faire de la natation à un niveau supérieur, tout en poursuivant mes études à l?étranger ».
Il se sent bien dans sa tête et dans sa peau grâce à l?équilibre que la pratique de ce sport lui apporte. Il ne manque pas donc de remercier les entraîneurs qu?il a eus, Ivan Leclerc, Laval Chung et Jocelyn Gunnoo, ses parents et tout le monde au CAMO. « C?est un club formidable où il règne une ambiance extraordinaire. Je ne crois pas que je changerai de club un jour », conclut-il.
Ne dit-on pas qu?il ne faut jamais dire jamais ? Mais bon, s?il s?y plaît, c?est tant mieux pour lui et nous lui souhaitons d?aller le plus loin possible.
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