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Le rapatriement de détenus réunionnais attendu impatiemment

25 août 2005, 00:00

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L’attente d’un heureux événement est souvent plus agréable que l’événement lui-même, dit-on souvent. Mais pas pour les familles Hivanhoé et Baleya. Ces dernières seront apaisées et sereines seulement lorsque Jean-Philippe Baleya et Alain Hivanhoé fouleront le sol réunionnais. Les deux détenus pourraient effectivement être rapatriés à la Réunion prochainement et purger leur peine au centre de détention du Port.

Marie Dany Hivanhoé, la soeur d’Alain, a reçu un courrier de Rama Valayden, ministre de la Justice et des Droits Humains, précisant que le gouvernement mauricien avait entamé les procédures nécessaires pour le transfert des deux jeunes hommes de Maurice à la Réunion. Depuis, ces deux familles ne vivent que pour ces grandes retrouvailles.

Samedi dernier, dans leur petit quartier de la ville du Port, énième réunion de famille autour du repas de midi. La “case en terre” modeste mais vaste accueille une ribambelle de marmailles et d’amis du quartier. La solidarité est intacte, depuis le début et renforce les cours. La conversation ne tourne qu’autour d’un seul sujet : le retour de Jean-Philippe et d’Alain.

Deux prisonniers qui seront accueillis en héros par leur famille, mais aussi par les habitants de cette cité du Port. “Nous leur préparons un grand comité d’accueil à l’aéroport. Nous essayons en ce moment de faire imprimer des t-shirts avec leur portrait. Nous jouerons du kayamb et du rouler. Quant au rhum, nous l’avons déjà acheté”, raconte Marie Dany Hivanhoé, toute excitée. Comme si toute l’énergie mise dans la préparation de ce retour rendait celui-ci un peu plus probable, plus vrai.

<B>20 ans de prison pour trafic de gandia</B>

C’est en mars 2002 que Jean-Philippe Baleya et Alain Hivanhoé sont interpellés par la police mauricienne à l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam. Ils transportent du zamal, dissimulé dans une planche à voile. Ils expliquent alors aux enquêteurs mauriciens leurs liens avec des trafiquants de drogue mauriciens et révèlent même les noms de leurs complices. Ces derniers sont arrêtés à leur tour. Pendant le procès, Jean-Philippe Baleya et Alain Hivanhoé témoignent contre eux.

Le 25 mars 2003, les deux Réunionnais sont condamnés respectivement à vingt et douze années de prison par la justice mauricienne, pour importation de gandia. La peur et l’angoisse s’installent alors, puisqu’ils sont incarcérés dans la même prison que les hommes qu’ils ont dénoncés. Selon Dany Hivanhoé, les Mauriciens impliqués dans cette affaire auraient à maintes reprises proféré des menaces de mort à l’encontre de Jean-Philippe Baleya et d’Alain Hivanhoé.

“C’est avec la peur au ventre que nous nous rendons à Maurice pour les voir”, raconte Claudine Kondoki, la tante de Jean-Philippe Baleya. L’important pour elle, c’est de pouvoir enfin “les voir et les toucher ici, à la Réunion. Après, bien-sûr, ils repartiront en cellule, car ils doivent payer pour leur faute, mais au moins, ils seront chez eux, dans leur île. Je n’aurai qu’à prendre le car pour un euro et aller les voir en prison lorsque je le voudrai”. Depuis 2002, les deux familles se relaient pour rendre visite à Jean-Philippe et Alain à Maurice.

Des visites qui coûtent cher, en termes d’argent, d’énergie et de frustration aussi. “Nous sommes contraints d’acheter un billet d’avion à 242 euros, ou prendre le bateau pour payer moins cher. Sur place, nous devons encore payer un logement. Tout cela, pour ne voir les garçons que pendant un quart d’heure. C’est dur, très dur”, confie Marie Dany Hivanhoé.

Marie-Ange, sa mère, s’est rendue pendant ces trois années, quatre à cinq fois à Maurice pour voir son dernier fils en prison. “J’attends parfois des heures avant de le voir au parloir et lui parler à travers un téléphone. J’ai juste le temps de lui donner des nouvelles de la famille, de le tenir au courant des décès et des naissances”, explique-t-elle.

A 56 ans, cette femme semble bien lasse. Mais depuis cette lettre venue de Maurice, la résignation semble avoir laissé place à une lueur d’espoir. La balle est maintenant dans le camp de la préfecture de la Réunion à qui la famille a écrit ces jours-ci en recommandé.

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