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Le PTr attaque Glover, le judiciaire et les Blancs
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Le PTr attaque Glover, le judiciaire et les Blancs
Devant 300 personnes rassemblées à Mare Dalbert, le PTr allègue un complot, visant à détrôner Seewoosagur Ramgoolam. Ce parti paraît décidé à faire flèche de tout bois pour tenter de redorer son blason. Ses porte-parole s?en prennent aux capitalistes blancs, responsables de tous les maux du Labour, sous le couvert d?associations comme la MTPA et l?Action civique.
Badry s?étend sur les salaires de l?état-major de l?industrie sucrière. Ils seraient, allègue-t-il, supérieurs à ceux des ministres. Ces hauts salaires empêchent le gouvernement de procéder à sa politique de redistribution des richesses nationales. Il réaffirme sa loyauté au PTr qui doit, toutefois, se débarrasser des capitalistes. L?ancien ministre de la Sécurité sociale accuse ses détracteurs d?exploiter le rapport Glover pour le dénigrer. Il pose la question : doit-on laisser le juge Glover diriger le pays à sa guise ? Il conteste plusieurs jugements rendus par nos tribunaux. Il en vient à discréditer le judiciaire lui-même. Ses propos sont d?une telle virulence que la presse préfère ne pas les reproduire verbatim, d?autant plus qu?ils visent, dans bien des cas, des juges et des magistrats.
Kher Jagatsingh affirme que le gouvernement a commis une erreur monumentale en nommant la commission présidée par le juge Victor Glover pour enquêter sur les allégations portées contre les ministres travaillistes Badry et Daby. Il déplore qu?on ne l?ait pas écouté à l?époque. Les adversaires du PTr abusent de ce rapport pour attaquer ce parti. Il les accuse de s?en prendre même aux épouses des ministres. Jagatsingh y voit un complot des capitalistes blancs pour déloger Ramgoolam et le remplacer par quelqu?un partageant leurs idées. Comme Badry, il fantasme sur les salaires princiers de l?industrie sucrière. Il allègue que Boodhoo, Bérenger et la MTPA militent pour que les riches paient moins d?impôt sur le revenu. Ces salaires princiers s?obtiennent, bien sûr, aux dépens des planteurs, des laboureurs et des artisans. Il accuse Boodhoo, la MTPA et Action civique de se laisser manipuler par la Place d?Armes. A ses yeux, la stratégie de celle-ci est claire : il s?agit de créer une diversion politique pour détourner l?attention de la classe ouvrière et l?empêcher de travailler à sa libération. Il y voit un cas de kidnapping des aspirations des masses. Il réitère l?engagement du PTr à nationaliser la rade de Port Louis dans laquelle l?Etat a déjà investi Rs 400 millions. Ce parti n?a nullement l?intention de nationaliser les établissements sucriers, se contentant de les taxer autant de fois qu?il en sera nécessaire.
Jagatsingh n?épargne pas Harish Boodhoo et consorts. Ils sont tout bonnement accusés d?être des voleurs et des assassins. Voleurs parce qu?ils volent la confiance de l?électorat dans le PTr et assassins parce qu?ils tuent le travail parlementaire accompli par ce parti. Boodhoo est un acteur qui interprète en play-back ce que lui dictent les capitalistes.
Au dire de Jagatsingh, le PTr ne s?attaque pas aux institutions de Maurice y compris le judiciaire en défendant les anciens ministres Badry et Daby. Il doit toutefois se défendre contre les attaques démagogiques dont il est l?objet. Il ne voit pas pourquoi il ne peut pas contester les conclusions du rapport Pillay et Glover. Il existe un droit d?appel à Maurice. Il compte sur un comité parlementaire restreint pour faire la lumière sur les conclusions de ces rapports.
James Burty David reprend la même ritournelle mais avec ses propres mots. Il accuse l?opposition de refuser au PTr le droit de se défendre contre les accusations portées contre lui. Il estime que cette stratégie relève du fascisme. Il ne comprend pas pourquoi des syndicats peuvent brûler sur la place publique des rapports tel celui de Frank Richard sur la réforme éducative alors qu?on refuse au PTr le droit de rejeter les conclusions du rapport Glover qui lui sont défavorables. Il ne comprend pas l?attitude du MMM qui accepte à l?Assemblée législative que Badry, Daby et Chettiar représentent le PTr pour contester ensuite ce choix sur la place publique. Le MMM s?acharne sur les illégalités relevées dans le rapport Pillay dans l?affaire Singhania mais se tait quand le directeur de l?Audit épingle sa mal-administration municipale.
Les propos des orateurs travaillistes contre certaines institutions, dont le judiciaire, soulèveront un tollé général quant ils seront connus verbatim de tous. L?affaire du meeting de Mare Dalbert commence tout juste.
A la même époque, les fonctionnaires sont choqués d?apprendre que le gouvernement compte s?acquitter des amendes imposées à Daby alors qu?ils doivent payer les leurs quand ils sont reconnus coupables d?un délit quelconque dans l?exercice de leurs fonctions. Ils s?insurgent contre cette politique de deux poids, deux mesures.
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