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Le prochain salon Miatex vendra Maurice autrement

18 avril 2004, 20:00

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NOTRE</B> industrie du textile et de l?habillement veut se repositionner face à la concurrence. La Mauritius Industrial Development Authority (MIDA) envisage de remettre au goût du jour le Miatex, le salon du textile mauricien, qui avait fait ses preuves dans le passé. La MIDA a organisé une réunion vendredi dernier avec les opérateurs pour préparer un prochain salon du textile en Europe. Si initialement l?idée était de le tenir en juin, les industriels ont proposé de le reporter à septembre, lorsque les donneurs d?ordre passent leurs commandes pour la saison hiver 2005. Le test sera crucial.

Contrairement aux autres salons du textile mauricien, le prochain Miatex n?a pas pour objectif de vendre les produits des entreprises individuellement mais plutôt de promouvoir Maurice comme un centre textile de qualité.

Les participants à la reunion de vendredi ont été agréablement surpris que les industriels adhèrent à cette idée. La démarche est effectivement différente et nouvelle par rapport aux autres Miatex organisés dans le passé, sans lesquels il s?agissait de vendre des produits.

Maurice veut vendre le savoir-faire développé durant une trentaine d?années dans le textile-habillement. Face à la concurrence des pays émergents ou des géants du textile comme la Chine et l?Inde, elle veut faire valoir ses atouts. Certes, nous sommes plus chers que nombre de nos concurrents, mais nous ne sommes pas exactement dans la même catégorie de produits et nous offrons un service qui fait la différence, veut arguer la MIDA.

Ce postulat a ses adeptes et ses détracteurs. Pour plusieurs industriels, le prix est l?élément déterminant : un contrat se gagne ou se perd à quelques sous. La pression quotidienne sur les prix exercée par les clients force les entreprises à rogner davantage sur leurs marges. Certaines peuvent s?adapter et survivre, d?autres ferment leurs portes.

Cela est vrai surtout pour le basique. Il est désormais clair que Maurice n?est plus compétitive sur certains produits. Il faut mettre ainsi une croix sur le pull qui nécessite plus de 80 minutes de travail manuel alors que le coût de la main-d?oeuvre est justement notre principal désavantage. La délocalisation vers Madagascar a d?ailleurs commencé avec les fabricants de pulls. Et même après la claque recue lors de la crise politique dans la Grande-Ile, il n?est pas du tout exclu que certains y retournent. C?est une queston de survie.

Le prix n?est pas tout

Si le basique n?a plus d?avenir, il est certain que la montée en gamme est l?avenir. Ce slogan est devenu une réalité au fil des ans. Des entreprises comme la Compagnie Mauricienne de Textile prouvent que l?industrie textile locale peut faire la différence et que le prix n?est pas tout.

A l?assemblée générale de la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza) qui s?est tenue récemment, le ministre de l?Industrie et des Services financienrs, Sushil Khushiram, faisaint justement ressortir que contre vents et marées et malgré la contraction enregistrée ces deux dernières années, la zone franche et l?industrie textile ont maintenu leurs exportations au-dessus des Rs 30 milliards.

Il est clair que ce n?est pas pour nos beaux yeux que des acheteurs européens et américains continuent de nous faire confiance malgré notre chereté relative et notre éloignement. Maurice a des atouts qu?elle a développé au fil du temps et il s?agit de le faire savoir. C?est le but du futur Miatex.

Outre la montée en gamme, Maurice veut et doit se positionner non seulement comme un centre de textile d?excellence mais aussi comme un fournisseur de qualité capable de livrer ses produits à la porte du client dans les temps. Si le prix compte beaucoup, il faut aussi pouvoir offrir un service de qualité. Cela implique la fiabilité de la livraison, le respect strict des délais qui deviennent de plus en plus courts et la réactivité, entre autres.

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