Publicité

Le Premier ministre en faveur du ciblage

2 janvier 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Dans son message du nouvel an, hier, le Premier ministre (PM) a voulu partager avec la nation les réussites, les défis et les rêves du gouvernement. Et ce faisant, il précise sa position sur certains dossiers, surtout en ce qui concerne la question de ciblage : Navin Ramgoolam pense que le subside universel n?est pas une solution aux augmentations.

Navin Ramgoolam a ainsi donné une indication, hier, de la position qu?il va vraisemblablement adopter sur le dossier de la farine; il ne croit pas dans le principe de subside universel, dit-il. Ce qui laisse croire que le gouvernement ne serait pas disposé à augmenter les subsides ? qui sont actuellement de Rs 400 millions sur la farine ? pour contrer la hausse de 70 % du prix mondial du blé. La raison est simple, selon le PM. «Ce n?est pas ainsi que l?on va gagner la bataille contre la hausse des prix des produits alimentaires à laquelle tous les pays du monde font face.» La solution est ailleurs.

«Si nous voulons que le prix de la farine reste pareil, il faudra augmenter les subsides qui devront passer de Rs 400 millions a plus de Rs 1 milliard.» Et la prédiction est que le prix du blé va continuer à prendre l?ascenseur. Mais le subside universel, c?est-à-dire là où tout le monde, qu?il soit pauvre ou riche est subventionné, «n?est pas la meilleure solution». Et plus les subsides augmentent, plus le déficit budgétaire augmente, dit-il.

«A part les problèmes économiques que le déficit budgétaire entraîne, cela veut dire que les autres secteurs comme la santé, l?éducation ou les infrastructures devront être sacrifiés. Dans la vie, il faut faire des choix. C?est en redynamisant l?économie, en accélérant le développement, en créant plus d?emplois et payant un meilleur salaire et en donnant plus d?opportunités aux gens que nous allons pouvoir surmonter les difficultés qui nous attendent», a ajouté le PM.

La précision est importante dans le sens où le gouvernement a donné des signes contradictoires concernant les subsides en enlevant d?abord complètement les subsides sur le prix de la farine et pour ensuite les remettre ? des subsides de l?ordre de Rs 400 m.

Le Premier ministre affirme qu?il est conforté dans cette position par les résultats positifs que la politique économique de son gouvernement a engendrés. Il énumère d?ailleurs ces résultats : le déclin économique a été freiné «c?est un fait indéniable», a-t-il dit, la croissance sera de 6 % en 2008 («cela n?a pas été facile mais c?est grâce à notre courage, à notre détermination et notre sens d?innovation que nous avons réussi à accomplir cela»), la création d?emplois et une baisse dans le taux de chômage. «Bientôt, les gens n?iront pas vers les emplois, ce sont les emplois qui viendront vers eux.»

Navin Ramgoolam en profite pour aborder une critique qui revient à chaque fois que l?on parle de croissance : que les effets ne sont pas ressentis par ceux au bas de l?échelle. «L?économie doit être au service de l?homme, sinon il n?a aucun sens. Ce qui est important est comment ce boom économique se traduit pour chaque personne. C?est quand chaque personne dans un pays ? du plus petit au plus grand ? connaît une amélioration de sa vie que je sais qu?un pays a fait un progrès économique.»

Le PM ne dit pas s?il pense que ce progrès-là a été atteint mais énumère les défis : la hausse du prix du pétrole et la hausse des prix des produits alimentaires («des produits qui deviennent plus cher et plus rares») au niveau mondial.

«Seki nou bizin fer, se seki nou pe fer»</B>

Le gouvernement n?a aucun contrôle sur ces prix et ces problèmes mais il faudra quand même les surmonter. «Et seki nou bizin fer, se seki nou pe fer», dit Navin Ramgoolam. C?est-à-dire la relance de l?économie, à travers la relance des investissements étrangers directs (qui étaient de plus de Rs 10 milliards en 2007) et la création d?emplois. Il précise que cette stratégie a déjà porté des fruits : il y a actuellement un boom dans cinq secteurs économiques. Il s?agit du tourisme, de la construction, du secteur financier, du secteur professionnel (TIC, comptabilité, etc) et du secteur textile. Cela grâce à des décisions prises par le gouvernement, fait ressortir le PM.

Les autres défis et obstacles au développement de Maurice sont la perte des valeurs, la corruption et la criminalité. Navin Ramgoolam affirme qu?il va se montrer sans pitié pour les corrompus, quel que soit leur bord politique. Il ajoute qu?on peut voir la différence entre son gouvernement et le précédent en soulignant que des travaillistes sont arrêtés par l?Independent Commission against Corruption sous un gouvernement travailliste et ajoute qu?il faut laisser fonctionner les institutions.

En ce qui concerne la criminalité, le PM est d?avis que le durcissement des peines n?est pas assez et que la formation de la police est essentielle pour qu?elle puisse faire face à tous les défis qui se présenteront. L?aide des pays amis est acquise, selon lui.

Navin Ramgoolam a aussi une vision, celle de faire de Maurice une île qui se développe de façon à ne pas épuiser toutes ses ressources. Il annonce un projet avec Joël de Rosnay pour bientôt. Il veut aussi faire de Maurice un pays où l?on produit autant que possible ce qu?on consomme et c?est ainsi que la diversification agricole est importante.

Navin Ramgoolam est également revenu sur son «accord historique» avec les sucriers et dit espérer que ceux qui l?avaient traité de démagogue quand il avait parlé de démocratisation de l?économie au départ, ont compris qu?ils se trompaient car la démocratisation est «une réalité». La création d?une nation passe par tout ça, affirme t-il. Y compris la «réflexion de fond des descendants d?esclaves» qui servira à les aider à faire partie intégrante de la nation.

Aux Rodriguais, Navin Ramgoolam dit son «affection» et rappelle que «Rodrigues fait partie de la République de Maurice. Cela lui donne des avantages mais aussi des devoirs envers la République».

Publicité