Publicité
Le paysage politique remis à jour
Une majorité qui rit et une opposition qui pleure. Un scrutin qui sonne la fin d?un règne. Des vainqueurs surpris par l?ampleur de leur victoire. Une alliance de l?opposition qui s?éparpille. L?événement a de quoi surprendre. Pour la première fois de son histoire, le Parti travailliste se retrouve en chef de file des cinq mairies.
De quoi justifier les superlatifs employés dans le camp de l?Alliance sociale dès la fin du dépouillement et l?appellation de tsunami utilisée par Maurice Allet, leader du PMSD, pour qualifier les résultats des élections municipales.
Dans son premier point de presse après l?annonce des résultats, Navin Ramgoolam, leader du Parti travailliste et de l?Alliance sociale, mesure cependant la responsabilité qui incombe désormais aux nouveaux édiles pour transcrire dans la réalité les promesses faites durant la campagne : une gestion saine, efficace et attentive aux aspirations et aux besoins des citadins. Il se garde d?un triomphalisme béat, conscient qu?il est des difficultés qui s?amoncellent à l?horizon.
Le leader des rouges se fait néanmoins un plaisir de répéter que les récentes élections ont fait éclater le mythe d?une île Maurice scindée entre villes et villages. Il prend également soin de rappeler que la dernière victoire des travaillistes à une élection municipale dans la capitale remonte à 1956 et que Port-Louis n?a pas connu de maire rouge depuis 1960. Il avoue sa surprise devant l?ampleur de la victoire. Il s?attendait, dit-il, à enlever un maximum de trois municipalités. Même chose de la part de Paul Bérenger. « Je pensais à une victoire de l?opposition dans au moins trois villes. » Mais l?électeur n?a eu que faire des calculs politiciens.
« Ce coup de massue » infligé à l?opposition, pour reprendre les mots mêmes du leader du MMM, a aussitôt refroidi les ardeurs au sein de l?alliance MSM-MMM-PMSD. Au cours d?une réunion chez Maurice Allet, lundi après-midi, les récriminations ont commencé à fuser. Le PMSD, qui ruminait déjà sur l?absence d?un candidat bleu à Curepipe-Midlands aux élections générales, décide de prendre ses distances de ses deux alliés. La décision est entérinée jeudi et annoncée publiquement le lendemain. Même si Maurice Allet se contente pour l?instant de parler de « séparation et non de divorce », bon nombre d?observateurs voient dans cette démarche une première étape vers la réconciliation des deux factions bleues. Des pointes dans ce sens ont d?ailleurs été lancées vendredi lors de l?intronisation du maire des villes s?urs. Le Premier ministre s?en est prévalu pour féliciter Maurice Allet d?avoir pris cette décision.
Le MSM a lui aussi décidé de voler de ses propres ailes sur le terrain, tout en maintenant une concertation au niveau du Parlement avec les deux autres partis de l?opposition. Et le PMSD et le MSM ne remettent pas en cause le poste de leader de l?opposition qui continuera d?être assumé par Paul Bérenger.
Le MMM a eu, cette semaine, deux réunions de son bureau politique pour analyser les raisons de sa défaite et dégager un nouveau plan de sauvetage. Le terme n?est pas trop fort puisque c?est la première fois en 28 ans qu?il se trouve avec un unique conseiller municipal.
Navin Ramgoolam ne pouvait mieux dire, mardi, lorsqu?il a déclaré que le scrutin de dimanche dernier marque « la fin d?une époque ».
Publicité
Publicité
Les plus récents