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Le pays aux urnes le 26 juin ?

17 avril 2005, 00:00

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Une chose est sûre. La prochaine campagne électorale officielle sera de courte durée. Le pays devrait être fixé d?ici la fin de juin sur la composition du prochain gouvernement. Mais déjà, l?ambiance est ce qu?il y a de plus fébrile. L?opposition sillonne déjà le pays, tandis que l?alliance gouvernementale a donné le coup d?envoi de sa campagne de mobilisation, vendredi soir, à la mairie de Port-Louis. Dans les couloirs du Parlement, on n?a parlé cette semaine que du prochain scrutin. Chacun a sa petite idée.

« Mo pou anons dat eleksion dimans 1er mai Vacoas et apre lekours largé,» lance le Premier ministre et leader du Mouvement militant mauricien, vendredi soir à la réunion regroupant les activistes MMM-MSM des quatre circonscriptions de la capitale.

Une première étape constitutionnelle par rapport au renouvellement de la législature sera d?ailleurs franchie samedi prochain. Lors de son intervention vendredi soir, le Premier ministre a précisé que l?Assemblée nationale sera dissoute à la fin d?une séance spéciale prévue samedi prochain, 23 avril. Il a ajouté que cette séance sera marquée par un message du président de la République.

Refaire au plus vite la santé du pays

Une annonce, qui, si elle étonne en raison du lieu où elle a été faite, à savoir au beau milieu d?une réunion politique et partisane, n?a toutefois rien de neuf. Dans la mesure où tout le monde savait que le Parlement n?irait pas au-delà du vendredi 29 avril, date fixée pour l?élection partielle dans la troisième circonscription de la capitale.

Navin Ramgoolam a d?ailleurs fustigé, hier, le timing choisi par le chef du gouvernement pour annoncer la dissolution et pour évoquer l?ordre du jour de la dernière séance de la présente législature. Il n?en reste pas moins que tout le monde a hâte d?en finir. «Il y a actuellement consensus sur un point. Tout le monde est conscient qu?il est dans notre intérêt à tous de refaire au plus tôt la santé du pays », soutient Arvin Boolell, whip du Parti travailliste (PTr).

Chacun y va de son couplet. « Si j?étais Premier ministre, j?aurais dissout le Parlement à la fin de la semaine prochaine et profité du meeting du 1er mai pour présenter les candidats. J?aurais fixé les élections avant vers la fin du mois prochain », explique Anil Gayan. Il se fait fort de préciser que pareilles décisions relèvent exclusivement du chef du gouvernement. « Autant lui laisser ce privilège et ce plaisir. »

Un de ses collègues du MSM est d?avis que le scrutin aura lieu «fin août de façon à permettre au gouvernement de respecter son engagement de compléter son mandat de cinq ans et de permettre à la commission électorale d?utiliser le registre qu?elle est entrain de mettre à jour. »

Interrogé sur ce même thème, Ivan Collendavelloo, secrétaire général du MMM, esquive la question mais note toutefois que « le 12 juin est la date anniversaire de la proclamation de la victoire MMM-PSM.»

Un autre ministre qui tient à garder l?anonymat croit davantage que les élections auront lieu le 26 juin. Il concède que la date du 12 juin a été évoquée à un moment, mais ajoute que celle du 26 a de fortes chances d?être retenue. «Mon analyse c?est que le Premier ministre tient à en savoir plus sur les chances de Jayen Cuttaree avant de fixer le jour du dépôt de candidatures, d?où le report de la date des élections. Paul Bérenger souhaiterait que le leader-adjoint du MMM soit de nouveau candidat et fasse partie de sa formule gagnante s?il est éliminé de la course au poste de directeur général de l?Organisation mondiale du commerce.»

Pour ce qui est des chances de Jayen Cuttaree de remplacer Supachai Panitchpakdi à la direction cette instance internationale, les observateurs constatent qu?elles ne sont plus aussi brillantes. A l?issue des consultations au premier tour, le représentant mauricien se place en deuxième position derrière le Français Pascal Lamy. Le principal concerné concède que «la France est mieux équipée et peut compter sur sa présence diplomatique dans la quasi-totalité des pays membres de l?Omc pour pousser la candidature de Pascal Lamy. »

Tous les cas de figure envisages

Au square Guy Rozemont, la date du 26 juin paraît également plus crédible. « Je pense que ça va être le 26 ,» confie Arvin Boolell qui coordonne les activités du PTr sur le terrain.

Sur le plan organisationnel, la machinerie administrative est déjà prête. D?aucuns avancent que l?hôtel du gouvernement a déjà sondé la commission sur les différentes possibilités. « Nous sommes en mesure d?intervenir dès l?annonce de la dissolution », affirme le commissaire électoral Irfan Rahman.

Au cas où le gouvernement décide d?appeler l?électorat aux urnes le dernier dimanche de juin, la commission utilisera la liste électorale en vigueur depuis l?an dernier. Celle-ci comporte 817 356 noms, soit environ 5 000 de moins que la première ébauche du registre en préparation et qui entrera en vigueur le 16 août prochain.

Entre autocongratulation et catastrophisme

A quelques jours de la dissolution du Parlement, les principales alliances annoncent la couleur. Tandis que la majorité sortante entend miser à fond sur la réforme des tarifs douaniers annoncée dans le budget 2005-2006 et les baisses de prix qui en résultent dans certains cas, l?opposition qui croit dur comme fer dans ses chances de challenger, met en exergue l?évolution de certains indicateurs économiques.

Vendredi à l?Assemblée nationale, puis à la réunion politique tenue à la mairie de Port-Louis, et le Premier ministre et le vice-Premier ministre et ministre des Finances, se sont auto congratulés d?avoir remis l?économie sur les rails, démocratisé l?accès à la propriété, créé les conditions essentielles pour favoriser le développement du secteur informatique. Le gouvernement se targue aussi d?avoir aidé à consolider la démocratie.

L?opposition n?en croit pas un traître mot. A ses points de presse successifs et à ses meetings, l?opposition, par l?entremise de Navin Ramgoolam et de Rama Sithanen, continue de taxer le bilan gouvernemental de « catastrophique. »

A sa conférence de presse d?hier, le leader de l?opposition a une fois de plus taxé le discours du budget de « manifeste électoral », comparé les indicateurs économiques de 2000 à ceux d?aujourd?hui pour conclure que « le gouvernement MSM-MMM a été une faillite sur toute la ligne. »

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