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Le ministre Sithanen refuse la démission de Cunningham
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Le ministre Sithanen refuse la démission de Cunningham
?Tia bon retenir li.? Les mots du Premier ministre, Navin Ramgoolam, ne trompent pas. Ils sont une reconnaissance du travail réalisé par le receveur des douanes, Bert Cunningham, qui a démissionné mercredi. ?Il a fait un bon travail à la douane et il doit pouvoir continuer à le faire.?
Comme le chef du gouvernement, ils sont nombreux à considérer que le Canadien a encore beaucoup à apporter au pays. Ainsi, le ministre des Finances, Rama Sithanen, a refusé sa lettre de démission et a, lors d?une rencontre avec lui, hier, tenté de le convaincre de revenir à de meilleurs sentiments.
Réaction de l?intéressé à l?issue de sa rencontre avec le grand argentier : ?I never say never.?
Bert Cunningham avait, dans sa lettre de démission annoncé qu?il quitterait son poste le 16 décembre pour rentrer au Canada. Sa décision est motivée par une ?absence de volonté nationale? pour combattre la corruption et un manque de soutien des leaders d?opinions et des organisations non gouvernementale. La raison la plus probable tient à la nomination future d?un personnage contesté à un poste de directeur au sein de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Bert Cunningham a entretenu des relations difficiles avec ce dernier.
Au cours de sa rencontre avec le grand argentier, hier, Bert Cunningham a remis un rapport sur son travail et sur les raisons de son départ. Il déclare qu?il n?a, à aucun moment, indiqué dans son rapport qui sont les ?douaniers? qui lui ?mettent des bâtons dans les roues?. Il n?a pas voulu en dire plus sur le contenu de son rapport.
Les réactions ne se sont pas fait attendre après la démission de Bert Cunningham. Le Premier ministre estime qu? ?il est regrettable qu?il a pris la décision de démissionner de son poste avant de nous faire part de ses doléances?.
De son côté, le président de la Mauritius Export Processing Zone Association, Ahmed Parkar, se dit ?déçu? d?apprendre la nouvelle.?Nous avons travaillé en étroite collaboration avec lui afin d?améliorer l?efficience et la transparence au niveau des opérations à la douane. Les résultats obtenus jusqu?ici ont été bénéfiques pour toutes les parties concernées?, affirme-t-il. Il trouve regrettable que Bert Cunningham s?en aille alors qu?il y a beaucoup à faire. ?Nous serions heureux si Bert Cunningham revienne sur sa décision.?
De l?ordre dans l?octroi des certificats EUR 1
Danielle Wong, présidente de la Port Users Council, affirme qu?elle a toujours soutenu Bert Cunningham dans son action à la tête de la douane. ?Nous avions commencé à travailler sur un nouvel encadrement avec l?Organisation mondiale des douanes. On avait également initié le projet de créer un système intégré pour la communauté portuaire. Ce serait regrettable qu?on ne puisse continuer à travailler avec lui pour concrétiser ces projets.?
Les opérateurs de la zone franche, déclarent pour leur part apprécier la création d?un guichet unique à la douane à leur intention. Ce qui facilite l?interaction et les transactions quotidiennes des entreprises de la zone franche avec les autorités douanières. L?on fait ressortir également que Bert Cunningham a mis de l?ordre dans l?octroi des certificats EUR 1 qui permettent aux produits mauriciens de bénéficier d?un accès en franchise de douane sur le marché européen.
?Il fut un temps où les exportateurs tamponnaient eux-mêmes leurs certificats au guichet de la douane. C?était l?anarchie?, commente un opérateur.
Bert Cunningham a également mis fin à la pratique courante où les ?customs clerks? allaient systématématiquement voir leurs douaniers ?préférés? pour leurs procédures douanières.
Des nouvelles mesures ont d?autre part été introduites pour faciliter le dédouanement des marchandises. Dans ce contexte, un Fast Track Cargo est opérationnel depuis septembre. Une cinquantaine d?entreprises ne sont pas soumises à des vérifications au moment de la livraison des marchandises. Ces entreprises doivent préalablement satisfaire un certain nombre de critères.
La lutte contre la fraude et la corruption est le principal cheval de bataille du receveur des douanes. Dans ce contexte, les taxes et les droits de douanes additionnels payés ont été de Rs 192 millions en 2004 contre seulement Rs 18 millions en 2002.
C?est à la douane canadienne que le receveur des douanes a commencé sa carrière après avoir obtenu son diplôme universitaire. Il a par la suite occupé plusieurs postes dans des institutions réformatrices avant d?être project manager du Canada-US Free Trade Agreement. Il a aussi occupé plusieurs postes à la World Custom Organisation, la Harvard Institute for International Development, le Commonwealth Secretariat, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.
Avant de venir à Maurice, il gérait sa propre firme de consultants au Canada : Cunningham and Associates. Il a travaillé dans une cinquantaine de pays notamment en Afrique, le Moyen-Orient et l?Asie.
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