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Le miel de la Grande île à la reconquête de l’Europe
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Le miel de la Grande île à la reconquête de l’Europe
La filière apicole cherche un nouveau souffle dans la région Amoron’i Mania. Initier un diagnostic de la situation, renforcer la capacité des apiculteurs par l’utilisation de ruches modernes et adéquates, faciliter l’accès au financement, augmenter et régulariser la quantité de production et mener une étude approfondie du marché. Telles sont, d’une manière générale, les tâches que se sont fixées des chercheurs de l’Ecole supérieure des sciences agronomiques (ESSA) et le projet de soutien au développement (PSDR). Il s’agit de relancer et d’améliorer la production dans cette capitale du miel malgache.
“L’objectif principal consiste à professionnaliser le métier d’apiculteur dans l’une des régions les plus productrices de miel à Madagascar. C’est une filière porteuse et elle doit constituer un levier pour le développement de la région et du pays en général”, déclare Georges Ramamonjisoa, l’intérimaire à la direction nationale du PSDR.
Jusqu’à présent, le miel malgache est soumis à un embargo européen. A peine 1 % de la production nationale est exporté vers les pays de l’océan Indien et asiatique. Il faut que Madagascar renverse la tendance et surmonte les difficultés. La région Amoron’i Mania, principale zone productrice, possède un potentiel énorme à exploiter.
Dans cette optique, des travaux de terrain, prévus pour durer deux ans, ont été lancés il y a quatorze mois. Ils se déroulent essentiellement dans trois districts, des producteurs de miel dans la région. Il s’agit d’Ambositra, de Fandriana et de Manandriana.
Une présentation des résultats, essentiellement ceux de la phase diagnostic, a été faite mardi. La première conclusion des chercheurs a mis en évidence la performance du district d’Ambositra par rapport aux deux autres zones d’étude. “Les apiculteurs d’Ambositra possèdent une avance certaine, aussi bien dans la technique que les moyens et la productivité”, affirme Tsito Randriambahoaka, chercheur de l’ESSA.
Retour aux périodes fastes</B>
Les explications en sont simples : Ambositra bénéficie d’un accès facile aux appuis techniques, au marché et au financement, par rapport à Manadriana et à Fandriana. “De plus, les apiculteurs d’Ambositra appartiennent à des associations, et c’est un atout majeur. Dans les autres districts, les producteurs sont individualistes”, affirme Tsito Randriambahoaka.
La deuxième phase du projet est axée autour de la mise en place d’un site d’expérimentation dans le fokontany de Mandritsara, commune Imerin’Imady. Cette recherche permettra d’aboutir à une étude de marché approfondie, permettant d’obtenir des indicateurs précis en termes de coûts d’investissement.
Elle permettra également à l’apiculteur d’acquérir le professionnalisme, surtout en management, avec l’établissement d’un business plan. La filière apicole a connu des périodes fastes à Madagascar, entre 1929 et 1950. Ainsi, 1 080 tonnes de cire et 38 000 tonnes de miel, par an, sont exportées vers l’Europe.
A cette époque, les produits provenaient exclusivement d’essaims sauvages. Madagascar était, alors, le premier pays exportateur de cire au monde et le premier consommateur de miel, avec 4 kg par habitant et par an. Ce secteur constituait la troisième source de revenus du pays.
Malheureusement, le secteur a connu des bas à cause des falsifications du miel par adjonction d’autres produits ou par de mauvaises préparations. Le tonnage a baissé jusqu’à 60 tonnes par an.
Depuis quelques années, des intervenants du développement rural se proposent de promouvoir l’activité, en postulant qu’elle constitue une source de revenus intéressante pour les paysans. Les conditions pour que Madagascar redevienne une “puissance apicole” exportatrice peuvent être mises en place à travers ces rencontres à la Cité Ambatonakanga.
Brèves
<B> ÉVÉNEMENT. </B>80 000visiteurs attendus à la Foire internationale de Madagascar (Fim).
En effet, cette première édition s’annonce bien. Selon les organisateurs, c’est-à-dire la Société première ligne et la Chambre de commerce, d’industrie, d’artisanat et d’agriculture d’Antananarivo, la Fim sera la plus grande rencontre d’affaires et d’échanges de cette année. Elle se tiendra au Palais de la culture et des sports de Mahamasina.
<B>MILLENIUM CHALLENGE ACCOUNT. </B>Près de 10 millions de dollars décaissés pour la Grande Île. Une année après l’éligibilité de Madagascar, la phase préparatoire du projet est presque terminée. Un bureau central est opérationnel à Antananarivo. Les cinq zones d’intervention sont connues et il ne reste plus que la mise en place des “Agricultural business centres” (ABC), chevilles ouvrières du MCA dans ces zones d’activité. Côté financier, 9,65 millions de dollars sur les 110 millions prévus pour la Grande île sont déjà débloqués depuis février 2006. “L’installation de la structure de fonctionnement est achevée. Dorénavant, les décaissements devront se faire tous les trimestres et se maintenir à 10 millions de dollars par tranche”, souligne Emma Ralijohn, directeur général de MCA Madagascar..
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