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Le massacre de Lallmatie
«Jaydev est très abattu. Il est profondément choqué? », soupire un proche de Jaydev Jhurry, le mari et le frère d?Indira et d?Asha Jhurry respectivement. Celles-ci ont été massacrées à coups de couteau à leur domicile de Bharuth Road, Lallmatie, jeudi soir.
À deux cents mètres du domicile des Jhurry, résident les Ramgotee, également touchés de près par cette tragédie.
Le benjamin, Avinash, 22 ans, est hospitalisé à l?hôpital du Nord après avoir reçu un coup de couteau au ventre.
Leckraj Ramgotee, son père n?arrive pas à croire qu?on soupçonne son fils dans cette affaire. « Lagazet capave dire ceki zot envie.
Mo pa capave dir ou narien lor la. Garçon la ki kone kine arive », dit-il. S?agit-il d?une vengeance comme cela se chuchote ? Rooma, la s?ur d?Avinash le récuse. « Nous avons de bonnes relations avec les Jhurry. D?ailleurs, nous faisons parfois appel aux services de M. Jhurry qui est chauffeur de taxi. »
Indira ne porte pas de « defensive wounds »
Flash-back. Il est 00 h 40 jeudi. Jaydev, 71 ans, ancien assistant maître d?école reconverti en chauffeur de taxi ne peut abandonner les deux dépouilles fourrées dans de grands sacs noirs. « Pa kapav pran zot kumsa ! Laiss mo guet zot figir? » C?est vrai que sa femme Indira, 66 ans, et sa s?ur, Asha, 56 ans, viennent d?être tuées à coups de couteau, mais il veut les contempler une dernière fois avant qu?elles ne soient dirigées vers la morgue. Il y a trois heures, il les a découvertes sans vie.
Sorti vers 19 heures, c?est avec étonnement qu?il a trouvé la porte principale entrouverte en revenant à 21 heures.
Ce n?est pas dans les habitudes d?Indira, surtout qu?Asha souffre d?une déficience mentale. Le salon est sens dessus dessous et Indira gît face contre terre, vidée de son sang. Il découvre sa s?ur affalée dans la salle à manger. Il alerte le Samu qui ne peut que confirmer la mort des deux femmes.
Presque en même temps, la police de Lallmatie est informée d?une agression contre Avinash Ramgotee. Il a été atteint à l?abdomen et l?arme y est toujours plantée lorsqu?il est transporté à l?hôpital de Flacq. Pour la CID de Flacq de l?assistant surintendant Seebaluck et la MCIT du surintendant Prem Radhooa et de l?inspecteur Ranjit Jokhoo, dépêchés sur place, le ou les assassins des deux belles-s?urs s?en est pris au jeune homme lorsqu?il/s prenait/ent la fuite. Le médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin ainsi qu?un officier du service médico-légal investissent les lieux. Indira a été surprise par son assaillant, car elle ne porte pas de « defensive wounds ».
« Tout l?air d?être un acte de vengeance »
Par contre, Asha s?est défendue bec et ongles. Ce qui explique ses phalanges sectionnées, ses blessures aux avant-bras et le fait que l?assassin se soit acharné sur elle à plus de soixante reprises.
L?autopsie des docteurs Gungadin et Prem Chamane, le lendemain, révèle qu?Indira a été frappée en 28 occasions et qu?elle a succombé à ses blessures au cou et à la poitrine, alors qu?Asha a péri sous les coups subis à la poitrine et au ventre.
Vers 1 heure dans la nuit de jeudi à vendredi, l?hypothèse privilégiée est loin d?être un cambriolage. « Cela a tout l?air d?être un acte de vengeance », confiait alors un détective. On ne s?acharne pas ainsi sur sa victime rien que pour le vol. Fait éloquent : rien n?a été emporté chez les Jhurry.
La police est d?avis qu?Indira connaît son assassin car elle lui a ouvert la porte vers les 19 h 55. « D?après les blessures sur les deux victimes, il devait être seul. Au pis aller, il était avec deux ou trois complices. »
« Huit heur moin vingt li ti sone mwa. Vers huit heur moin cink, mone tane soner. Line dir mwa kumsa : Kisane la pe soney sa ler la ? Mo penser sa mem ler sa dimoun la ine rentrer. Line dire mo couper taler mo resone twa. Kapav si li pa ti couper mo ti pu tane kiksoz », se désolait la s?ur d?Indira.
La clé de l?énigme est entre les mains d?Avinash. Les détectives attendent qu?il se remette pour l?interroger. D?après sa version des faits, il venait de prendre un pot avec des amis quand, sur la route du retour, un homme s?est jeté sur lui, a tenté de lui enlever ses vêtements avant de le poignarder. L?agresseur qui avait sans doute les habits couverts de sang, cherchait des vêtements de rechange. Tout cela reste à être vérifié. Et aussi, si c?est la même arme qui a servi pour le double homicide.
À samedi, le voisinage a été interrogé et les enquêteurs tentent de savoir si des proches avaient eu maille à partir avec les Jhurry, une famille qui était, somme toute, sans histoire. Par ailleurs ; Georges Ah Yan, président de la Mahébourg Citizen?s Welfare Association a visité la famille éprouvée hier. Cela dans le cadre d?une campagne contre la violence lancée en 2005 lors de la commémoration de la mort de Kris Sellamuthu tué à Curepipe, le 26 novembre. « Il est temps que le portefeuille des Affaires intérieures soit confié à un député autre que le Premier ministre comme c?est le cas en France. »
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