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Le hibou scieur sort de la zone rouge
Ça fait la une de Seychelles Nation : le hibou endémique de Mahé, menacé de disparition, s?est débarrassé du label ?risque maximum? que lui avait affecté l?Union mondiale pour la nature (IUCN). Cet oiseau très rare était présumé éteint jusqu?en 1960, lorsqu?un naturaliste, Philippe Lousteau-Lalanne, le redécouvrit dans les montagnes de Mahé.
Il s?agit d?une petite chouette de 23 centimètres, de couleur brun foncé, aux pattes nues et oreilles huppées. Son chant ressemble au sciage du bois (son lent, profond et râpeux). Ce qui lui vaut le nom de ?syer? (scieur) en créole seychellois.
Les progrès observés sur les chances de survie du hibou seychellois représentent une première, et une grande satisfaction, pour les protecteurs de l?environnement de l?archipel. La décision de diminuer le niveau d?alerte est intervenue après une mission de surveillance qui a duré trois ans sous l?égide de Nature Seychelles et du Global environment facility.
<B>Dans le parc du Morne seychellois</B>
C?est ensuite l?association Birdlife International qui a proposé le reclassement à l?IUCN en s?appuyant sur les données des scientifiques. ?Cette reclassification est le signe de l?accroissement de nos connaissances des espèces menacées. La communauté scientifique internationale est désormais plus confiante quant aux perspectives de survie de ces espèces?, commente Rachel Bristol de Nature Seychelles.
Pendant trois ans, des équipes de chercheurs ont campé périodiquement dans les forêts de moyenne altitude de l?île de Mahé où vit le hibou scieur. Etant données les difficultés rencontrées pour observer l?oiseau, les scientifiques ont utilisé des enregistrements de son cri pendant la nuit et ont noté les réponses. Il faut savoir que cette chouette ne ?scie? qu?à l?aube, au crépuscule et dans l?obscurité de la nuit.
Ces études ont permis d?évaluer la population des hiboux scieurs entre 250 et 320 individus ce qui est supérieur aux précédentes estimations. Il apparaît que l?écosystème dans lequel se développe cet oiseau, tant du point de vue de son régime alimentaire que de son environnement de nidification, est à l?abri des menaces.
Ce qui autorise de conclure que son habitat et sa population sont stabilisés. Enfin, autre signe encourageant, 60% des observations du hibou seychellois ont été effectuées dans le périmètre du parc national du Morne, donc dans un lieu protégé. Rachel Bristol, en se félicitant de la décision de l?Union mondiale pour la nature et en remerciant les ?communautés locales?, espère que d?autres espèces menacées seychelloises suivront le hibou scieur sur la voie d?une existence plus sûre. Selon Nature Seychelles, le foudi des Seychelles, le ?tok tok?, pourrait lui aussi quitter la zone rouge des espèces menacées de l?IUCN.
Le hibou des Seychelles, oiseau nocturne, a un cri qui ressemble au bruit du sciage du bois, d?où son nom : le ?syer? (scieur).
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