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Fun Park, Tribeca
Dimitri Makoona, 27 ans et déjà directeur des opérations
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Fun Park, Tribeca
Dimitri Makoona, 27 ans et déjà directeur des opérations
À seulement 27 ans, Dimitri Makoona est déjà directeur des opérations de Fun Park, à Tribeca. Derrière ce titre se cachent années de travail, d’études, de nuits blanches et de sacrifices. Pourtant, lorsqu’il revient sur son parcours, le jeune homme ne parle pas d’une réussite arrivée par hasard. Il évoque les opportunités saisies, les efforts consentis et surtout les personnes qui ont cru en lui.
Marié et habitant de Palma, Dimitri connaît très tôt la valeur du travail. Encore étudiant, il multiplie les petits boulots. Pendant les vacances scolaires, il travaille dans le dépôt d’une usine. Le week-end, il devient serveur dans une discothèque, poste qu’il conservera durant ses deux dernières années au collège. Il commence sa scolarité secondaire au collège Dr Régis Chaperon jusqu’à la Form V. Il reconnaît avoir été davantage influencé par ses fréquentations que concentré sur ses études. Après la Form V, il rejoint le collège Adventiste de Phoenix, où il termine sa scolarité. Cette période marque un déclic. «Je me suis dit que c’est rare que la vie m’offre une deuxième chance. Donc, c’était à moi de saisir les opportunités qui se présenteraient devant moi et de faire de mon mieux pour avancer», confiet-il.
Après sa formation secondaire, il rejoint la réception et gravit les échelons : assistant réceptionniste, réceptionniste, puis Senior Receptonist. En parallèle, il poursuit ses études et décroche un Diploma in Hotel Management à l’École hôtelière sir Gaëtan Duval. Son ambition est alors claire : devenir un jour General Manager d’un hôtel. Pour y parvenir, il accepte un rythme exigeant. Les nuits de travail s’enchaînent avec les cours du samedi. «Enchaîner les overnight avec la tâche du night auditor et être présent de 8 heures à 15 heures en classe un samedi était plus un challenge qu’un calvaire», raconte-til. Il découvre plusieurs départements, notamment le Food and Beverage, la sécurité et le Housekeeping. Cette polyvalence lui sera précieuse lorsque survient un tournant : une proposition pour rejoindre GravityMax comme Assistant Operations Manager, à l’ouverture de ce nouvel espace de divertissement. «C’était la première fois que j’allais être à la tête d’un département», se souvient-il. Cette expérience lui apprend qu’un manager ne doit pas simplement donner des directives. Il doit connaître son équipe, l’écouter et partager ses réalités. «Il fallait toujours être à l’écoute de son équipe, être un leader qui se mouille le maillot avec son équipe et ne laisser personne derrière. C’est le collectif qui fait la force du département et de l’entreprise», affirme-t-il.
Son jeune âge représente toutefois un défi. «Étant un jeune responsable, c’était souvent difficile de se faire accepter et respecter», reconnaît-il. Face à ceux qui associent jeunesse et manque d’expérience, il choisit de répondre par le travail. Pour lui, l’âge ne définit ni les compétences ni la capacité à diriger.
Derrière cette ascension, Dimitri n’oublie pas ses parents. Il reconnaît avoir été «loin d’être un élève et un fils modèle», mais souligne qu’ils ont toujours considéré son éducation comme une priorité. Cours particuliers, uniformes, matériel scolaire : ils ont consenti les sacrifices nécessaires pour lui permettre d’avancer.
«Le plus grand cadeau que mes parents aient pu m’offrir était l’éducation», dit-il avec émotion. «Je leur serais éternellement reconnaissant pour l’éducation qu’ils m’ont offerte.»
Son épouse, qui était déjà sa petite amie lorsqu’il a commencé au Hennessy Park Hotel, a également accompagné son évolution. Les sacrifices personnels ont été nombreux : fêtes, anniversaires et événements familiaux manqués ont parfois été le prix à payer pour construire cette carrière. «J’ai manqué beaucoup de fêtes, d’anniversaires de proches ou de me présenter à des événements familiaux en uniforme, mais je savais toujours que ces sacrifices paieraient un jour. »
Aujourd’hui, Dimitri ne pense pas uniquement à sa propre progression. Il veut faire grandir son équipe et permettre à chacun de révéler son potentiel. «Je veux faire briller le collectif et mettre en avant chaque talent individuel pour que chaque collaborateur donne le meilleur de lui-même et se sente valorisé», explique-t-il. Aux jeunes qui pensent que l’avenir est nécessairement meilleur à l’étranger, il répond avec réalisme. «Certainement, l’herbe est plus verte ailleurs», admet-il, tout en rappelant qu’il est possible de construire une carrière à Maurice. À condition de travailler, de se former et d’accepter les sacrifices.
Malgré ses responsabilités à 27 ans, Dimitri refuse de considérer qu’il ait atteint le sommet. «Je ne me considère pas comme quelqu’un qui a réussi, car j’ai beaucoup de choses à apprendre et des objectifs à atteindre.»
Son conseil aux jeunes tient en quelques mots : «Si vous voulez quelque chose, foncez et acceptez de faire les sacrifices nécessaires. Car un jour ou l’autre, vous récolterez les fruits.»
De petit boulot en petit boulot, de réceptionniste à responsable, puis de manager à directeur des Opérations, Dimitri Makoona aura finalement appris qu’une deuxième chance n’a de valeur que si l’on décide de la saisir. À 27 ans, son histoire ne ressemble donc pas à une arrivée, mais au début d’un nouveau chapitre.
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