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Le handball dans le coma

28 août 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le giron handballistique mauricien a subi un sérieux revers. Lui qui n?avait même pas encore commencé à fêter son accessit à la deuxième force en présence de la région indianocéanique, se retrouve au pied du mur?plutôt plusieurs pieds sous le mur ! La « sanction » est tombée, le handball ne sera pas aux prochains Jeux des îles de l?océan Indien à Madagascar en 2007.

Le président de la fédération malgache, Ibrahim Hobaya, a, d?ailleurs, trouvé les mots justes : « Le handball est mort, il n'y a plus rien à espérer. On ne pensera même pas à sa résurrection », a-t-il déclaré dans la presse de la Grande île. Et ce sont les mots d?une personne qui, pas plus tard que trois semaines de cela, a été témoin de la liesse et de la ferveur des handballeurs de l?océan Indien lors de la Coupe des clubs champions (CCCOI) qui s?était déroulée dans son pays.

En masculin, Maurice était d?ailleurs parvenue en finale face aux Réunionnais, après avoir battu les Malgaches. Chez les dames, Maurice avait décroché la médaille de bronze. C?est précisément en savourant la pleine mesure du potentiel mauricien à la suite de cette compétition que la mauvaise nouvelle est tombée.

<B>?Le badminton va vivre ce que le handball a vécu?

Dario Chowrimootoo, président de l?Association mauricienne de handball (AMH), ne cache pas sa déception.

« C?est vraiment un grand manque pour le hand mauricien de ne pas participer à deux Jeux des îles alors que presque toutes les îles avaient travaillé pour sa réintégration (NdlR : Le hand était présent aux Jeux de 1998 à la Réunion mais pas en 2003 à Maurice) », déclare-t-il.

Pour ce dernier, la performance de l?USBBRH, qui avait battu St Michel Zandriany de Madagascar lors des derniers CCCOI, « pèse beaucoup dans la décision de voter contre le handball ». Jimmy Anthony, entraîneur de l?USBBRH et membre du comité directeur de l?AMH, abonde dans le même sens : « C?est clair que notre victoire sur Madagascar lors de la CCCOI a dû changer beaucoup de choses dans les décisions qui devaient être prises » et d?ajouter philosophiquement : « Le badminton va vivre ce que le handball a vécu en étant exclu. Il verra à quel point c?est frustrant de faire des projets qui n?aboutissent pas à grand-chose? »

L?ancien directeur technique national de Maurice, le Malgache Bertin Andrihamiarinosy ? celui qui avait mené la sélection mauricienne au bronze en 1998 ? a lui aussi son avis sur la question. « C'est logique que le pays hôte veut terminer à la première place. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour éliminer le hand. C'est une discipline olympique. Or, les Jeux des îles entrent dans les Jeux régionaux et nécessitent l'aval du Comité international olympique. Je pense que la priorité devrait être accordée aux disciplines olympiques », devait-il déclarer dans la presse malgache.

Au-delà de cet océan de regrets, le handballeur mauricien se pose pas mal de questions existentielles. Pourquoi devrait-il continuer à pratiquer le

hand si la compétition la plus relevée à laquelle il pourra participer sera la Coupe des clubs champions de l?océan Indien (quand elle est organisée?) ? Et même si, à force de sacrifices, il parvient à signer un exploit avec son club, quelle importance, tant que le hand ne sera pas aux JIOI, il ne pourra jamais rééditer cet exploit avec l?équipe nationale.

<B>Deux générations de perdues</B>

Et ceux qui ont connu les Jeux des îles savent ce que c?est que de porter ce maillot frappé du quadricolore et de faire feu de tout bois pour tenter d?apporter le précieux métal dans la récolte finale. Sans compter que ce faisant, des contacts sont noués et des amitiés formées.

Deux générations de handballeurs ne connaîtront jamais la ferveur des Jeux?à l?instar de Sheron Raboud, joueuse au sein du Curepipe Starlight et entraîneur de jeunes handballeuses. « J?ai toujours voulu connaître cette ambiance des Jeux et en tant que joueuse, je voulais terminer ma carrière en beauté par ces Jeux », regrette-t-elle.

Sa casaque d?entraîneur complique davantage les choses. « C?est difficile de motiver les filles. Que voulez-vous qu?on leur dise ? L?ultime objectif pour vous c?est le championnat national alors que dans les autres disciplines, c?est les Jeux des îles ! », déplore-t-elle. « Il faudra qu?il y ait plus de compétitions interîles », renchérit-elle. C?est d?ailleurs ce que prévoit le président de l?AMH. « Nous allons voir avec nos partenaires de la région, comment continuer le travail pour le progrès de la discipline », lance Dario Chowrimootoo.

A défaut de compétition, il faudra absolument trouver une parade pour compenser cette forme d?injustice et tenter de sauver le handball d?une mort certaine. En attendant, coma profond?

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