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Le gouvernement joue avec le feu

29 juin 2004, 20:00

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Avec 25 mois de retard, le gouvernement rend public le Rapport Watkins recommandant les mesures urgentes à prendre en priorité pour que les pompes à incendie puissent être d?une plus grande utilité. Les mots urgence et priorité reviennent à chaque phrase mais la Cendrillon des services publics souffre toujours de l?inertie gouvernementale.

Mais il y a pire. Watkins fait référence au rapport de Sir Harry Martin-Smith sur le sujet. Il date de? 1962. Il est l??uvre de ?one of the best-informed fire officers in the world?. Ses recommandations sont pourtant ignorées. Le rapport Victor Glover, faisant suite au terrible incendie d?Harel Mallac de septembre 1975, à la rue Edith-Cavell, Port-Louis, n?a pas plus de chance. Watkins le qualifie pourtant de ?first class practical documents giving needful and usable advices?.

C?est donc, sans illusion que Watkins demande, en 1977, qu?on accorde priorité à ses recommandations. Il préconise que toutes les unités de lutte anti-incendie (services gouvernementaux, port, aéroport, municipalité de Port-Louis) soient regroupées sous une même tutelle. Optimiste, il espère que cela pourra se faire avant le 1er juillet 1978.

Son rapport contient des morceaux d?anthologie de l??understatement? britannique.

La Chambre d?Agriculture ne doute pas un seul instant que le gouvernement joue avec le feu. Elle déplore, pour la énième fois, lors de son assemblée générale annuelle, qu?il ne soit pas convaincu que le sucre est malade d?où ses atermoiements devant les projets de centralisation des sucreries et de semaine des 40 heures et sa mainmise sur le vrac. Le président sortant, Roger de Chazal, réclame un front uni pour faire prévaloir les droits du secteur. Les pertes ont été de Rs 66 millions en 1978. Le coût de production a augmenté de 6% et ses revenus de seulement 4%. L?investissement baisse depuis 1976. En 1978, ce dernier s?est élevé à Rs 48 millions, soit 42% de celui de 1976. A ce train, le sucre ne pourra plus bientôt renouveler son matériel. La récolte 1979 sera meilleure que celle de 1978, sans pour autant améliorer la situation financière. La vente à perte du sucre sur le marché local coûte aux usiniers Rs 70 millions. Il attend toujours le rejet définitif de la semaine de 40 heures, rejet pourtant recommandé par une commission d?enquête.

Le sucre fait pourtant ce qu?il peut pour plaire au gouvernement. En 1978, la production locale de pommes de terre s?est élevée à 13 000 tonnes. Une première ! Vingt pour cent de mieux qu?en 1977. Trois producteurs plantent du maïs en interlignes. La BDM finance le démarrage d?un troupeau de 900 têtes et la création de deux feedlots de cerfs d?une superficie de 35 arpents.

Tous ces efforts, tous ces sacrifices, pour que le gouvernement s?empare du contrôle du chargement du sucre en vrac, après 30 ans de préparatifs laborieux et délicats, financés par le secteur privé.

Ne nous attardons pas sur la motion privée de James Burty David, réclamant une nationalisation ? déjà obtenue ? du port pour rappeler un fait divers prophétique : l?interception à l?aéroport de Plaisance de 82 sans-papiers indiens. Quelqu?un leur avait promis un emploi dans l?industrie sucrière, en leur disant qu?ils toucheraient au moins trois mille roupies indiennes par mois. Naturellement, il n?y a personne à l?aéroport pour les accueillir. Par mesure de sécurité, la police les confine dans un des entrepôts de l?aéroport.

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