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Le dollar et l?Europe

20 avril 2004, 20:00

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La hausse du dollar depuis deux mois (+ 8 % face à l?Euro) mérite que l?on s?attarde encore sur les tribulations de cette devise. L?histoire économique va nous y aider.

Quand l?accord dit de Bretton-Woods explosa dans les années 1970, s?ensuivit une forte baisse du dollar. Ce dollar faible incita de nombreux pays à s?endetter en dollars, avec à leur tête l?Amérique latine.

Lorsque le gouverneur de la FED de l?époque, Paul Volcker, commença à augmenter les taux d?intérêt, la demande en dollars prit l?ascenseur : en 1984, le dollar valait une livre sterling et dix francs français. La conséquence fut la forte réduction du déficit des comptes courants américains, au détriment du Mexique et du Brésil, devenus quasiinsolvables.

Au début des années 1990, le dollar était redevenu faible et ce sont les pays asiatiques qui, cette fois, ont fait les frais de la hausse du dollar. Les pays les plus touchés furent la Thaïlande, l?Indonésie et la Corée, qui furent obligés de dévaluer leurs devises.

Il y a un mois, le dollar était proche de 1.30 pour 1 Euro, avec des taux d?intérêt au plus bas depuis cinquante ans : qui cette fois va payer l?addition ?

Notre favori est l?Europe : elle est simultanément endettée, paralysée par ses vains espoirs de réformes structurelles et en net retard en Asie, là où les investissements sont les plus rémunérateurs.

Simultanément, les entreprises européennes sont confrontées à un marché local déprimé, combiné avec l?inflexibilité et la cherté de la main-d?oeuvre. En conséquence, les investissements sont réduits au strict minimum : c?est le cas de la recherche et du développement.

Dans les mois qui viennent, les différences entre les statistiques américaines et européennes devraient non pas se réduire mais s?accentuer.

Les dernières statistiques européennes sont négatives : l?indice des acheteurs industriels est en baisse, le chômage en Allemagne est passé à 10.4 % de la population, les ventes de détail en Europe n?ont augmenté que de 0.5 %. La croissance en Europe pour 2004 est estimée à 1.6 % contre 4.7 % aux Etats-Unis.

En tant qu?investisseurs ou acteurs économiques, nous tenons compte de cette situation, en comparant :l?investissement an Asie, dont la croissance avoisine les 10 %, dans des devises généralement liées au dollar;l?investissement aux Etats-Unis, qui a une croissance proche de 5 %, dans une devise qui semble avoir inversé sa tendance à la baisse;l?investissement en Europe, qui rapporte moins de 2 %, dans une devise qui devrait continuer à s?affaiblir.

Logiquement, les allocations d?actifs devraient donner une place réduite à l?Europe.

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