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Le devoir du voisin

26 février 2008, 00:00

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Le devoir du voisin

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Dans un mois, un grand pays voisin, le Zimbabwe, ira aux urnes. Grand par sa superficie et son potentiel. Mais petit par le modèle économique suicidaire qu?il a choisi et une gouvernance exécrable. Le sort de ce pays et de son peuple devrait nous intéresser de plus près. Situé à quelques heures d?avion seulement de nos côtes, le Zimbabwe, une fois remis sur les rails, est appelé à devenir un partenaire important de Maurice.

Du point de vue commercial, il y va de l?intérêt de Maurice de pousser ses voisins immédiats à dynamiser leur économie. Nous formons avec le Zimbabwe, l?Afrique du Sud, l?Angola, le Botswana, la Zambie, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Mozambique, le Lesotho, la Namibie, le Malawi et Madagascar un bloc régional, la SADC, qui n?est pas très avancé en termes d?intégration. Il y a encore une grande hétérogénéité entre les pays de cette communauté de développement de l?Afrique australe.

C?est parce que Maurice et l?Afrique du Sud sont les principales forces de la sous-région que nous avons le devoir, les moyens et la motivation pour aider le Zimbabwe à résoudre ses problèmes. Au nom de la SADC, notre diplomatie peut contribuer de manière agissante à la recherche d?un accord entre le gouvernement de Robert Mugabe et ses adversaires politiques. Nous ne pouvons abandonner le Zimbabwe à son agonie financière.

Le Fonds monétaire international prévoit qu?à moins d?un changement de politique, l?hyperinflation continuera de sévir au Zimbabwe. Le taux actuel dépasse tout entendement. Il se situe à 100 000 %. Un communiqué officiel a annoncé le mois dernier que «les prix ont augmenté de 66 212,3 % entre décembre 2006 et décembre 2007». Non seulement il y a une flambée extraordinaire de prix, mais les rayons alimentaires sont vides.

Tandis que son peuple a faim, le président zimbabwéen a fêté ce samedi ses 84 ans avec d?extravagantes célébrations dans le sud du pays. Il a organisé par la même occasion un rallye de lancement de sa campagne pour un sixième mandat à la tête de son pays. Manifestement, la déchéance du chef est prononcée.

Au pouvoir depuis 1980, le vieux leader s?est montré insultant vis-à-vis des autres candidats qui briguent la présidence. Il a traité Morgan Tsvangirai de «marionnette» aux mains de l?ancienne puissance coloniale britannique et a taxé de «prostitué politique» son ex- ministre des Finances, Simba Makoni. Il n?a pas indiqué la solution qu?il prône pour sortir le Zimbabwe de sa profonde crise économique. Pourtant, une personne sur cinq à un emploi dans ce pays. L?espérance de vie a chuté en dessous de 36 ans.

L?effondrement de l?économie du Zimbabwe a commencé après une violente réforme agraire menée contre les Blancs dans les années 90. La réalité quotidienne de son peuple a été rendue exsangue par une politique de vengeance. Un modèle à ne pas suivre?

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