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Le choix est fait
par Nazim ESOOF
C?était prévisible. Le ton est monté. Tous les principaux protagonistes politiques sont en colère. Navin Ramgoolam qui renvoie en enfer le MMM. Paul Bérenger qui cible son adversaire direct de manière systématique. Et le MSM qui ne sait pas trop sur quel pied danser. C?est dire que les partis conventionnels ont repris leurs antiennes pour mieux mobiliser leurs troupes.
L?Alliance sociale se refuse de hausser les enchères. Ce n?est qu?un 1er Mai comme un autre, dit-on au Square Guy Rozemont. Le discours changera évidemment si à leur meeting de Vacoas, ils réunissent une bonne foule. Ce serait alors la preuve pour eux d?un plébiscite, un blanc-seing accordé à la politique économique. Dans le cas contraire, ils pourront toujours rappeler qu?ils n?ont jamais promené de torche dans une poudrière et qu?ils avaient minimisé la portée des manifestations du 1er Mai.
Le futur est une page blanche sur laquelle commencent à écrire le MMM et le MSM en ce 1er Mai 2007 en prévision des élections prévues pour 2010. Le bras de fer est intense. C?est une histoire entre wagon et locomotive alors que le train Maurice claudique en l?absence d?une opposition cohérente. Ce dernier mois, ces deux partis ont fait le pays vivre une atmosphère de campagne électorale. Mais en fin de compte, ils ont la posture d?une bimbo qui se fait belle pour produire le maximum d?effets sur un soupirant qui n?a pas encore déclaré sa flamme.
Ceux-là ne sont pas dans l?attitude d?une soubrette. Ce sont les partis de gauche et les mouvements syndicaux qui prennent l?énième pari de réveiller la société civile à Beau-Bassin mardi prochain. Si on reste dans ce registre de la séduction, on n?hésitera pas à affirmer que c?est leur absence de charme qui explique l?adhésion minimale qu?ils suscitent. Les Mauriciens préfèrent les harangueurs aux sermonneurs.
Des Mauriciens qui justement vont une nouvelle fois, pour une certaine partie d?entre eux, prouver que le clientélisme fait toujours recette. Pour une coupure de Rs 100, voire de Rs 500, un «briani» à la plage et quelques verres d?un breuvage enivrant, cette partie-là des électeurs ont déjà vendu leurs âmes à certains politiques. Ils rétorqueront que cela n?a rien coûté. Pourquoi alors s?en priver ? Si cela leur coûtera cher, c?est le prix à payer pour un certain personnel politique qui sait qu?il suffit de quelques pièces sonnantes pour déposséder des électeurs de leur conscience démocratique. Le choix est fait. Mardi prochain, on dérivera un peu plus vers le burlesque politique.
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