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Le blues des inspecteurs du marché
Les inspecteurs du marché de Rose-Hill ont le moral à zéro. Et pour cause. Leurs tentatives de mettre de l?ordre chez les marchands ambulants se soldent souvent par des échecs. Résultat : retour à la case départ.
Et ce sont toujours les mêmes qui figurent au banc des accusés, à savoir, ces marchands ambulants qui ne reculent devant rien pour vendre à même la rue nourriture et boissons.
Cette semaine, les inspecteurs du marché ont tenté encore une fois une timide action, celle d?enlever une demi-douzaine d?étals laissés sur place par leurs propriétaires après une journée de travail. Ainsi, des structures en bois et en métal ont été enlevées près de la place des taxis, de la gare routière et à proximité du magasin Galaxy. Deux d?entre elles étaient utilisées pour vendre des faratas, et deux autres pour des fruits.
Mais quel ne fut pas leur étonnement lorsque les inspecteurs ont revu les mêmes étals à leur place le lendemain, comme par enchantement. « C?est comme si rien n?avait changé. Nous sommes montrés du doigt lorsque nous ne faisons pas appliquer les lois, et quand c?est le cas, nous nous retrouvons nez à nez avec les mêmes qui ont été pris en contravention », fulmine un inspecteur. Il ne s?explique pas le retour des marchands mais suspecte « l?intervention de quelqu?un de haut placé ».
Les colporteurs qui vendent de la nourriture à Rose-Hill n?ont souvent pas de permis, mais certains sont détenteurs d?un Food Handler?s Certificate. Mais il n?en demeure pas moins que l?absence de normes d?hygiène est flagrante. Des mets tels des mines frits, des boulettes de viande, des faratas, dholl puris et autres halim sont préparés dans la fumée des pots d?échappement. Les détritus jetés par terre attirent des pigeons, rats, chiens errants et mouches. Et que dire des ustensiles à l?apparence douteuse, lavés sur place et réutilisés. C?est la porte ouverte à une épidémie de gastroentérite.
Mais le consommateur semble ne trouver rien à redire. Pour lui, l?important c?est d?avoir l?estomac rempli pour pas cher. Pour Rs 8 la paire de dholl puri, on ne boude pas son plaisir. Et même si le confort et la propreté des lieux laissent à désirer, le consommateur pressé qui choisit de déguster un bol de halim a l?impression d?en avoir pour son argent. Les marchands, eux, se frottent les mains. N?ayant pas de frais à payer à la mairie, ils se font entre Rs 2 500 et Rs 3 000 par jour. Le tout, bien sûr, net d?impôts. « Pour eux, payer une contravention de Rs 2000, ce n?est rien. »
Légumes découpés sur place</B>
Plus loin, dans un couloir à Arab Town, un autre type de colporteur fait enrager les responsables de l?inspectorat. Il s?agit de ceux qui vendent des légumes découpés sur place et mis dans des sacs en plastique. « Les gens les achètent parce qu?ils ont l?impression que les marchands leur facilitent la vie en pelant le jacques ou en nettoyant le brède songe.
Ils ne se posent pas de questions pour savoir si les produits ont été manipulés par des mains sales ou s?ils sont exposés à la poussière et aux mouches », s?insurge notre interlocuteur.
Ce laisser-aller n?a que trop duré. Dommage qu?aucun des gouvernants n?ait pu s?attaquer à ce problème.
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