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L?autoroute de tous les dangers?
Depuis la fermeture des bretelles raccordant l?autoroute aux zones résidentielles de Montagne-Ory, en 1995, les habitants vivent un véritable cauchemar quotidiennement. Tous les jours, des femmes et des enfants mettent leur vie en péril en enjambant les garde-fous en métal pour traverser les quatre voies de la nationale et ce pour atteindre l?autre côté du village. Les automobilistes, eux, doivent faire un détour de dix kilomètres, passant par Pailles, à la hauteur de Grewals.
Il y a quelques semaines, les autorités ont fait hausser ces barrières, ce qui expose davantage les habitants à des risques de chute sur l?asphalte. ?Je suis tombée en traversant cette barrière. J?ai reçu des soins à l?hôpital?, raconte Pushpa Panjanaden.
?Les femmes et les enfants surtout ne veulent pas emprunter le passage sous le pont Colville Deverell en raison de l?insécurité et de l?insalubrité du lieu. Ils n?ont pas le choix. Ils doivent traverser trois ou quatre fois l?autoroute car les écoles, les services publics et les commerces, entre autres, se trouvent de l?autre côté du village?, explique Salim Juggoo qui habite dans la région depuis 32 ans.
Des habitants allèguent aussi que des policiers affectés au contrôle de la circulation pendant de longues heures utilisent le passage sous le pont ?comme des toilettes?. Ils font état aussi de la présence régulière d?un? longaniste en raison de nombreux cas de suicide à cet endroit.
Saraswati Thondee précise que de nombreuses agressions et des vols ont été commis sous le pont. ?J?ai même vu un homme nu sous le pont?, affirme Lessah Cader.
?Ces bretelles ont été fermées pour des raisons de sécurité qui restent obscures. C?est un calvaire pour les automobilistes qui doivent rouler plus de dix kilomètres dans la direction opposée avant de rentrer chez eux?, fulmine Jackie Forget, membre du Collectif pour la sécurité routière.
Des propositions
Sanesh Beejadhur, président du centre social, rappelle qu?une femme enceinte a accouché en route en raison du grand détour qu?il fallait faire pour se rendre à l?hôpital. ?On pourrait construire un viaduc ou relier la route communément appelée Vieux simin avec la route Royale de Montagne-Ory?, dit-il.
Le collectif, qui est également composé d?Arian Deven, Martine Balthazar, Rahim Bauluck, Sadeck Bauluck, Rajesh Bheekharry, Salim Juggoo, Rada Kistnasamy, Saleem Mungla et Pushpa Panjanaden, a réuni jeudi des habitants du village au centre social en vue de trouver une solution à leur problème. Des propositions ont été formulées par les habitants.
Jackie Forget a proposé la réouverture des bretelles et l?installation de feux de signalisation. Colin Seenauth, président du village de Moka, entreprend des démarches auprès des élus pour la construction d?une passerelle aérienne reliant les deux parties de Montagne-Ory.
Pendant la réunion, le ton est monté et les habitants ont manifesté leur impatience. Ils ont aussi évoqué la possibilité d?organiser une manifestation pour faire bouger les choses.
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