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Laurent Voulzy, le paradoxal système

18 avril 2005, 00:00

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Il arrive. Voulzy c?est celui qui prend le temps de serrer toutes les mains. Des doigts qui ont visiblement besoin de bouger, de s?exprimer. Avant d?être un chanteur à succès, Laurent-le-magnifique au col relevé est un formidable poseur de mélodies, un guitariste gaga de George Harrison.

Elles dessinent des volutes au-dessus de sa tête. Tiens, sa coiffure ressemble de plus en plus à celle de l?alter ego. Voulzy dit d?abord Souchon, pas Alain. Un ?presque frère? qu?il décrit comme un ?rebelle aristocrate un peu fou, qui n?a pas tellement de sagesse, qui aurait pu faire partie d?un groupe de punk?. Le pire c?est que Voulzy le dit sans rire. Il est tout ce qu?il y a de plus sérieux, dans la semi-pénombre de l?hôtel Le Paradis, où il loge jusqu?au 20 avril. Le chanteur parvient presque à nous faire croire qu?il le pense vraiment. Mais la complicité est trop forte, trop ?rarissime?.

Voulzy, c?est celui qui regarde droit dans les yeux quand on pose une question, prend la peine d?y répondre le plus complètement qui soit. Le plus sincèrement aussi. Cela se sent. Cela se voit.

Lui, c?est la vedette au comportement d?anti-star. Le chanteur qui n?hésite pas à faire la grimace, qui sait faire rire et se cache derrière une affichette de son concert ?parce qu?il paraît qu?il est plus beau sur le papier qu?en vrai?. Boutade de l?organisateur Rama Poonoosamy, de l?agence Immedia.

<B>?Le pouvoir des fleurs?

Boulimique des kilomètres, Laurent Voulzy est en tournée depuis 2002. Il en a enchaîné une ?avec la grosse artillerie? de huit personnes à une deuxième du type ?semi-acoustique? avec quatre musiciens. Au total 70 villes, plusieurs festivals et aucune trace de lassitude. Toujours la même ?émotion? palpable. Autant de pulsions d?un C?ur grenadine qui croit en ?Le pouvoir des fleurs?. Partout, comme chez nous hier soir, ?ce répertoire que connaissent les gens qui ne me connaissent pas bien?. Traduction les ?Belle Ile en Mer? et ?Rock Collection?. Vite évacués pour entrer dans le vif du sujet.

<B>Appel à la compassion</B>

Profondeurs de sa créolité lissées entre les lignes d?Amélie Colbert. Hymne à cette Guadeloupe qu?il n?a véritablement rencontrée qu?à 35 ans. Lieu de sa? fabrication? qu?il ne découvrira qu?à la faveur d?un téléthon. Il aura donc fallu un appel à la compassion pour que le chanteur retrouve sa terre.

Avec Voulzy, c?est comme cela. Tout est écrit. Léché à l?extrême. Celui qui n?a fait ?que? quatre albums en 25 ans est de ceux qui corrigent cent fois la copie avant de la tendre au public. Fantasmée, ridiculisée, la Guadeloupe lui a valu des complexes, une conscience précoce de la différence, lui qui était ?pratiquement le seul coloré sur les cours de récréation?.

L?intégration passera par la musique. Laurent se rêve en guitar-hero. Voulzy s?invente des chansons?qui ne marchent pas. Jusqu?au déclic en 1976. Tout le monde connaît la chanson. Textes de Souchon sur rythmes de Voulzy. Les deux galériens des studios forcent les portes d?un hit-parade jusque-là hermétique à leurs efforts isolés. Et le succès ne les a plus quittés.

Plus d?un quart de siècle de douces ballades plus tard, Voulzy tend des perches à des jeunes qui montent. On sent qu?il ne s?intéresse pas aux polémiques. S?il ?n?a pas franchement aimé le premier album de Nolwenn?, Laurent Voulzy a été touché par la ?magie? de l?ex-star-académicienne. Sa signature sera sur le prochain album de Nolwenn Leroy ?prévu pour la rentrée?.

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