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A l?assaut de l?emploi?

20 février 2008, 20:00

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Il est 9 h 45. Marie-Michelle Carpooran, mère de deux enfants, se trouve à l?entrée de l?école d?Etat France Boyer de la Giroday, à Plaine-Magnien. Cette habitante de New-Grove, est venue s?inscrire pour la première fois pour le job-fair organisé par l?Empowerment Fund en collaboration avec l?Association des hôteliers et des Restaurateurs de l?île Maurice (AHRIM).

Elle est parmi les 3 000 personnes qui ont fait le déplacement et qui gardent l?espoir d?être sélectionnées parmi les 150 demandeurs d?emploi qui seront formés dans les sept établissements hôteliers du sud.

Des représentants de différents établissements hôteliers se trouvaient sur place pour rencontrer les candidats.

«L?avenir touristique est promis à un bel avenir : on peut sérieusement envisager d?y faire carrière, quitte à laisser au placard les expériences vécues dans d?autres domaines. Je viens tenter ma chance aujourd?hui pour être formée comme réceptionniste ou cuisinière», dit Marie-Michèlle qui travaillait au Craft Academy, à la prison de Beau-Bassin, pour aider à la formation professionnelle des prisonniers, sans compter ses connaissances acquises auprès des enfants dans une école maternelle de Curepipe.

Shareenaz Elaheebuccus et Vimal Hemraz, deux étudiants, tiennent chacun entre leurs mains, un formulaire d?application. Ils sont complètement désemparés «Ou capave dire moi cotte mo bisin allé pou rempli sa form-là», interroge l?un d?eux, visiblement perdu parmi plus de 1 000 personnes malgré les appels de Hootesh Ramburn, le coordonateur de l?Empowerment Programme aux postulants pour leur dire qu?ils peuvent toujours rentrer chez eux pour téléphoner à un numéro qui était encore disponible mardi.

Virousha Jeebun, qui a fait des études secondaires jusqu'à la form IV au collège Presidency à Curepipe, s?est fait un devoir d?être présente à ce job-fair malgré la pluie battante. Elle est quelque peu déçue. Elle gardait l?espoir de trouver sur place les possibilités de formation pour qu?elle puisse s?initier progressivement au métier de baby-sitter. «Nous allons étudier les demandes et éventuellement faire des suggestions ou orienter les demandeurs d?emploi selon leurs besoins», précise le coordonateur.

Bala Veerapen, secrétaire du centre communautaire de Camp-Diable, n?est pas insensible au sort des jeunes en chômage de cette région qui viennent lui confier leur volonté d?en sortir.

Pour les aider, Bala les a mobilisés une semaine avant le job-fair pour une campagne d?explications sur le rôle de l?Empowerment Fund et sur les possibilités qu?ils puissent se mettre à leur propre compte après la formation.

Et pour s?y rendre, le secrétaire a loué un autobus d?une cinquantaine de places. «Ils sont très motivés à l?idée de pouvoir trouver un emploi».

Krisna Bhoyrub, président d?une association socioreligieuse située à Saint-Hilaire, a entrepris la même démarche que Bala mais il est encore plus intéressé parce qu?il y a beaucoup de chômeurs dans le village. Un député de la circonscription, confie-t-il, a financé le déplacement d?une cinquantaine de femmes et de jeunes pour l?occasion.

Accompagnée d?une parente, Sybille se s?attendait pas à voir une si grande foule. «Je ne l?aurais pas cru si quelqu?un m?avait dit cela. Cette foule indique que le chômage à Maurice est loin d?être résorbé», dit-elle.

Irritations

Christelle, qui fait des études dans le tourisme et le management, n?a pas caché son irritation après sa visite dans le stand d?un hôtel pour des informations sur les perspectives d?emploi. «Le personnel de cet établissement hôtelier nous a traités avec mépris. Comme si nous étions des enfants indisciplinés. Ils projettent une mauvaise image en public . Et dire qu?ils sont censés travailler dans un secteur où promouvoir l?image de Maurice est primordial», fustige-t-elle.

Elle suggère à certains promoteurs hôteliers de bien choisir leur personnel avant de leur confier la tâche d?informer les demandeurs d?emplois.

«Imaginez que cette personne se trouve face à un demandeur qui a tout essayé pour trouver un emploi dans ce secteur et qui reçoit un tel accueil».

Rajendra Ramkelawonn, habite Mahébourg, chômeur, épluche chaque jour l?express pour trouver un emploi «C?est la pagaille organisée. Je ne comprends pas comment les organisateurs ont pu demander à un si grand nombre de demandeurs d?emplois de se déplacer rien que pour 150 emplois seulement. L?aide demandée auprès de la force policière pour rétablir l?ordre devant le stand d?un hôtel est la preuve que ce job fair n?a pu répondre de manière positive aux demandes de ces milliers de personnes.»

Cette grosse foule, dit-il, est également la preuve que le gouvernement n?arrive pas à gérer le problème du chômage à Maurice .

Ootesh Ramburn coordonateur du job-fair s?explique : «La foule présente ce jour-là , décrit très bien l?intérêt des jeunes décidés à trouver un emploi dans une industrie qui se développe. Nous ne nous n?attendions pas à voir autant de postulants ce jour là car dans le passé le job fair organisé n?attirait pas plus que 800 à 900 personnes. Résultat : le nombre des formulaires était insuffisant. Ce job fair, il faut le dire, nous a aidés à découvrir certaines lacunes pour mieux répondre aux besoins de ces personnes, telles que la mise en place d?une structure d?accueil permanente pour mieux écouter et orienter les demandeurs d?emploi.»

FORMATION

La deuxième chance

Grosse affluence donc pour la troisième édition du job-fair organisée par l?Empowerment Programme (EP) en collaboration avec les associations hôtelières et restaurateurs sudistes, à la SSS Plaine-Magnien samedi dernier. Les personnes recrutées seront formées dans les hôtels avec rémunération. Pour l?occasion beaucoup de candidats se sont mis sur leur trente-et-un. Pour certains, c?était «le rendez-vous avec la dernière chance». Comme Franchette Bignoux, 41 ans. Elle est venue de l?Escalier parce qu?elle a perdu son emploi dans une usine du Sud quand celle-ci a fermé. Elle optera pour le domaine culinaire, la cuisine ou la pâtisserie. «J?espère décrocher un emploi. C?est ma dernière chance étant donné mon âge», dit-elle.

Marjorie Narcy, 38 ans, souhaite recevoir une formation plus poussée dans le domaine de la relaxation et de la coiffure. Elle a travaillé pendant neuf ans à l?usine Novel Garments. Quand elle a perdu son emploi après la fermeture elle a ouvert un petit salon de coiffure comme mesure temporaire. Habitante de New-Grove, elle est venue tenter sa chance pour recevoir une formation avant d?agrandir son entreprise. «Je cherche une formation professionnelle. J?accueille favorablement l?initiative de l?EP et les autres partenaires mais je croise les doigts pour trouver un emploi.»

Si certains n?ont pas fait de commentaires sur la pagaille qui régnait pendant l?enregistrement, une dame qui n?a pas voulu qu?on cite son nom, a dit ce qu?elle pensait de l?organisation du job-fair. Cette habitante de Curepipe, qui accompagnait son neveu, n?a pas sa langue dans sa poche. «Je trouve que c?est très mal organisé. Nous sommes là depuis 9 h 30. On a perdu plus d?une heure avant de pouvoir avoir des formulaires», déclare-t-elle.

Harmon Chellum, responsable de l?école hôtelière, Sir Gaëtan Duval, n?en croit pas ses yeux devant une si grosse foule. Cependant, il constate «qu?il y a beaucoup de chômeurs à Maurice».

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