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L?artisan cachant l?artiste
Jacques Sylvio, 80 ans, expose ses ?uvres à la galerie Malcolm de Chazal, au Lake Point, à Curepipe. Il est là jusqu?à demain après-midi. Bonne occasion pour connaître une ?uvre artistique sortant de l?ordinaire, mais pour rencontrer surtout un homme, ayant de longue date consacré sa vie à l?art, comme à l?artisanat.
Jacques Sylvio voit le jour le 22 juin 1928 à Rose-Belle. Il vient donc d?étrenner ses 80 ans. Mais cela ne se voit pas, car il paraît taillé pour encore au moins une décennie d?expression esthétique. Il n?a pas 20 ans quand il s?enrôle dans l?armée britannique pour maintenir l?ordre en Palestine et en Egypte. Ses dons artistiques émergent déjà au grand jour. Ses moments de loisir se passent à dessiner, mais aussi à observer les artistes et artisans arabes, offrant en vente leurs produits aux nombreux touristes qui sont alors inconnus à Maurice.
Il accomplit deux temps de service sous les drapeaux. Il rentre ensuite à Maurice et choisit de se mettre à son compte, en ouvrant, à Rose-Hill, un atelier et en offrant ses services, autant artistiques qu?artisanaux, à une clientèle appelée à devenir sélecte. Pendant une trentaine d?années, il fournit au magasin Corinne, les objets d?artisanat de toutes sortes qu?une clientèle huppée recherche avidement. Cela va des vases en cuivre repoussé jusqu?aux fresques en toile de jute, en passant par les abat-jour, les tapisseries en jute et en laine, etc.
Dès 1957, le nouveau Bureau du Tourisme s?intéresse à ses ?uvres. Il a déjà participé à l?exposition de 1955 des Maisons Claires, organisée par la municipalité de Curepipe. En 1961, c?est André Decotter et la municipalité de Beau-Bassin-Rose-Hill qui organisent une exposition pour les petites industries. Serge Constantin sélectionne les toiles des artistes. Il retient un tableau de Jacques Sylvio, un hommage à notre séga national. L?épouse du gouverneur, Lady Rennie, acquiert cette toile.
En 1970, le Club des Lions organise le concours-exposition Les mains au travail. Jacques Sylvio y expose une fresque en paille de canne qu?achète notre Speaker, sir Harilal R. Vaghjee. Puis, ce sont de multiples participations aux concours des Métiers d?Art des inoubliables et irremplaçables Marcel Lagesse et Robert Antoine du Rotary de Port-Louis. C?est dire que Jacques Sylvio collectionne les médailles et les certificats d?honneur. Il a aussi l?occasion d?exposer des ?uvres à New York et à Londres.
<B>Couleurs éclatantes et joyeuses</B>
Il ne compte plus ses ?uvres d?art achetées par des personnalités ou qui leur sont offertes. Il y a, par exemple, une fresque reproduisant l?arrivée à Maurice du Prince Alfred d?Edimbourg, le 26 mai 1870, à bord de la corvette Galathea. Elle sera offerte à la reine Elizabeth II.
Jacques Sylvio collabore également à l??uvre sociale et fraternelle d?Edwin de Robillard. Il l?aide à ériger les divers monuments de la Fraternité Mauricienne avec le Aimons-nous les uns les autres, transcris dans toutes les langues pratiquées à Maurice.
Le public peut admirer des ?uvres publiques de Jacques Sylvio, notamment des divinités hindoues et des scènes du Maha Bharata, en cuivre repoussé, dans divers temples, le Soldat de la paix, les statues du Christ ressuscité à l?église de la Sainte Famille à Rose-Belle, etc.
À la galerie Malcolm de Clazal, on peut admirer trois de ses sculptures, ainsi qu?une collection de peintures desquelles émergent des ?uvres géométriques aux formes volontiers africaines, mais aux couleurs demandant à être plus éclatantes, plus joyeuses.
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