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L?anarchie dans les poulaillers
Qui dit que votre poulet frais est? vraiment frais ? La découverte, jeudi, de 300 gallinacés en état de décomposition jetés à La Brasserie vient remettre en question les conditions dans lesquelles cet élevage est effectué chez les petits producteurs. Dans certains cas, des zones d?ombre perdurent?
C?est le désordre total. « Éna dimoune nourrit poules n?importe comment. Kan éna pou touiller, li fer li n?importe kot sa. » C?est le constat d?un éleveur de Terre-Rouge. Ces dix dernières années, il y a eu un accroissement du nombre d?élevages de poulets, constate la branche mauricienne de la World Poultry Science Association (WPSA). L?association dénombre environ 300 petits éleveurs qui produisent 70 000 poulets par semaine. Si la plupart d?entre eux respectent les normes, un bon nombre ternit la profession et ignore les règles d?hygiène élémentaires. « Comment on les tue, dieu seul le sait », déclare Beedeeanan Hulman, le vice-président de la WPSA. « Ils exploitent le marché sans vergogne », souligne Dhaneshwar Man-grabala, le président de l?Association des aviculteurs. Selon lui, l?élevage doit être soumis aux règlements quelle que soit sa taille. « Au niveau de l?abattage il y a beaucoup de dérapages », affirme Raffick Naseeven, Principal Research & Development Officer au ministère de l?Agriculture. Tout ce dont dispose l?éleveur du dimanche est un « drum rouillé rempli d?eau bouillante » dans lequel il plongera les volatiles tués un à un avant de les déplumer. Ils seront ensuite coupés en morceaux pour être vendus. « La couleur de cette eau est indescriptible. Souvent les poulets découpés sont transportés dans un sac en goni », affirme M. Naseeven. « Une fois l?ébouillantage fini, le poulet doit entrer dans la chaîne de froid. » Or ces facilités n?existent pas dans les abattages improvisés.
Il faut compter environ Rs 9 millions pour un équipement d?abattage sans les infrastructures, confirme Robert Soupe, le président de la WPSA. L?inspectorat sanitaire dit exercer un meilleur contrôle. « Certains passent au travers les mailles du filet jusqu?au jour où les voisins portent plainte », avance un inspecteur sanitaire.
Entre-temps, la santé publique est en danger. À l?hôpital Nehru a soigné plusieurs cas d?allergies. « Depuis décembre, nous voyons défiler des personnes souffrant d?éruptions cutanées. Elles disent qu?elles n?ont consommé que du poulet », remar-que Govindass Nathoo, secrétaire de la Nursing Association. Coïncidence ou conséquence de ce laisser-aller, nul ne le sait. D?où l?insistance de l?Institut pour la protection des consommateurs d?instituer un système de traçabilité pour les poulets qui sont vendus.
Le chiffre 23 kilos
C?est la quantité de poulets consommés par les Mauriciens par an. Entre 360 000 et 390 000 poulets de table sont produits chaque semaine.
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