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Lampard, la revanche du fils à papa
C'est l'histoire d'un gars qui voulait sortir de l'ombre. De l'ombre d'un père du même nom et du même prénom, ex-gloire de West Ham lui aussi. De l'ombre également d'une génération dorée des Hammers, plus précoce que lui.
A la fin du siècle dernier, au milieu des Rio Ferdinand, Joe Cole, Michael Carrick ou encore Jermaine Defoe, Frank Lampard était alors en retrait, victime d'un nom trop gênant qui faisait de lui un « fils de ».
La blessure du Mondial 2002
Au final, ce joueur talentueux mais discret a su parfaitement gérer sa carrière. Son transfert à Chelsea semblait aléatoire, voire périlleux. Les 16 millions d'euros déboursés à l'été 2001 par Claudio Ranieri firent même rire.
Si la sortie du cocon familial de l'Est londonien fut quelque peu précipitée après le départ de son père et de son oncle Harry Redknapp, entraîneurs remerciés en cours de saison, cela lui permit de prendre définitivement son envol.
Comme à Chelsea, Lampard doit alors se battre pour s'imposer en sélection. Appelé pour la première fois en octobre 1999, à 21 ans, il ne parviendra jamais à convaincre Kevin Keegan de l'emmener avec lui à l'Euro 2000.
L'arrivée de Sven-Goran Eriksson change la donne, un temps seulement. Le Suédois fait appel à lui dès son premier match, en février 2001. Puis, plus rien, ou presque.
Lampard est alors davantage un intermittent des joutes internationales qu'un habitué de la maison anglaise et se retrouve privé du Mondial 2002. La bataille du milieu fait rage et il n'a pas encore l'étoffe des Beckham ou autres Gerrard pour se faire une place au soleil. Eriksson lui préfère même son ex-coéquipier Joe Cole, de trois ans son cadet, pour le voyage au Japon.
De cette déconvenue, l'Anglais en ressortira avec l'envie d'aller encore plus loin. Son jeu devient à l'image de son caractère. Il travaille dur pour devenir un roquet de l'entrejeu. La presse finit par s'amouracher de ce bagarreur, tellement anglais. Mais Eriksson reste de marbre et ne l'appelle que pour disputer des bribes de match.
L'arrivée des nombreuses stars et des euros de Roman Abramovich à Stamford Bridge ne l'ébranle cependant pas. Comme toujours, cela le rend même plus fort. La saison 2003-2004 fait éclore définitivement le papillon Lampard.
Le joueur besogneux se transforme en passeur décisif, buteur providentiel et maître du milieu de terrain. A sa débauche d'énergie, s'allie désormais une technique impeccable.
Lampard devient le fer de lance de Chelsea qu'il mène jusqu'en demi-finale de la Ligue des champions, où les Blues butent sur Monaco. Devenu titulaire indiscutable en club et en équipe d'Angleterre, il trouve une juste récompense à ses efforts lors de l'Euro 2004. Auteur de trois buts en quatre matches, il termine dans l'équipe All-Star du tournoi.
Mourinho, le mentor
Inusable, Lampard cumule à présent près de 140 matches consécutifs en championnat, record absolu pour un joueur de champ. Si la saison 2004 fut faste, l'édition 2005 s'annonce encore plus savoureuse. Tout cela grâce à un homme : José Mourinho.
Quand il parle du Portugais, c'est avec respect. Ranieri lui a donné confiance en son talent de footballeur. C'est mentalement que Mourinho l'a enrichi. « Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme lui, avec cette volonté absolue de travailler et de gagner, admet-il. Il ne connaît pas la peur et il veut qu'il en soit de même pour nous. »
En Mourinho, Lampard a trouvé un mentor, un professionnel et un travailleur. Porte-parole de son manager, l'Anglais apprécie avant tout d'être poussé à bout par l'ancien entraîneur de Porto : « Quand votre manager est ainsi, cela se répercute sur les joueurs. Avec ses connaissances et ses idées, je peux aller encore plus loin. J'ai toujours cherché à m'améliorer et je sens que je peux faire encore mieux avec lui. »
Il ne doute plus
A 27 ans, il ne doute plus. Témoin ce match aller face au Bayern Munich où, privé de ses traditionnelles chaussures argentées, ce superstitieux a mis 30 minutes avant de rentrer dans la partie. Une période d'adaptation avant d'inscrire ce qu'il considère « comme le plus beau but de (sa) carrière » et de doubler la mise. Une façon supplémentaire d'attirer de nouveaux éloges pour celui que Carlos Alberto, ancien champion du monde brésilien, considère déjà comme « le meilleur milieu de terrain du monde ».
Longtemps considéré comme un « pistonné » , Lampard s'est hissé au firmament du football anglais. Les fans ne s'y sont pas trompés et l'ont même élu meilleur joueur de l'équipe d'Angleterre 2003-2004, au détriment des David Beckham, Wayne Rooney ou autres Steven Gerrard. Beaucoup voient en lui le futur joueur de la saison en Premier League, il est en concurrence avec Terry, Cech, Henry et Gerraard pour le PFA Player. Une victoire en Ligue des champions et c'est peut-être le Ballon d'or qui pourrait lui tendre les bras.
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